Ghosting : le guide complet pour comprendre, survivre et s’en remettre
Un matin, vous vous réveillez, vous attrapez votre téléphone et vous vérifiez — pour la dixième fois. Toujours rien. Pas de message, pas d’explication, pas un mot.
La personne avec qui vous échangiez depuis des jours, des semaines, parfois des mois, a simplement cessé d’exister. Comme un fantôme. Et vous restez là, avec cette question qui tourne en boucle : « Qu’est-ce que j’ai fait de mal ? »
Si cette scène vous parle, vous n’êtes ni seul ni seule. Près d’un Français sur deux a déjà vécu le ghosting.
Et ce n’est pas « juste un truc de la génération Tinder » — c’est un phénomène qui laisse des traces profondes sur l’estime de soi, le sommeil et la capacité à faire confiance. Voici tout ce que vous devez savoir pour comprendre, traverser et dépasser cette épreuve.
Qu’est-ce que le ghosting ? Définition et origines
Le ghosting désigne le fait de mettre fin à une relation — amoureuse, amicale, parfois professionnelle — en cessant brutalement toute communication, sans explication ni avertissement. Plus de messages, plus d’appels, plus de réponses. La personne disparaît, littéralement comme un fantôme (ghost en anglais).
Le terme a été consacré en 2015 par le Collins Dictionary, qui l’a élu mot de l’année. Ce n’est pas un hasard : l’explosion des applications de rencontre et des messageries instantanées avait créé un terreau idéal pour cette forme de rupture silencieuse.
Quand rompre ne demande aucun effort — il suffit de ne plus répondre —, la tentation de l’évitement devient immense.
Ghosting ou simple perte de contact ?
Il est important de distinguer le ghosting d’une perte de contact progressive et mutuellement acceptée. Deux critères permettent de faire la différence :
- L’unilatéralité : dans le ghosting, une seule personne décide de couper le contact. L’autre n’a aucune prise sur la situation.
- L’absence totale d’explication : ce n’est pas un « j’ai besoin de temps » ou un « je ne suis plus sûr de moi ». C’est le silence absolu.
C’est précisément cette absence de clôture qui rend le ghosting si dévastateur psychologiquement, comme nous le verrons plus bas.
Le ghosting en France : les chiffres qui font froid dans le dos
Pendant longtemps, le ghosting a été perçu comme un phénomène marginal, réservé aux aventures d’un soir sur les applications de rencontre. Les données récentes racontent une tout autre histoire.
En mai 2025, la plateforme de soutien psychologique Unobravo a publié les résultats d’une enquête menée auprès de 1 556 adultes français. Les chiffres sont sans appel :
- 46% des personnes interrogées déclarent avoir déjà été ghostées au moins une fois.
- Parmi les célibataires, ce taux grimpe à 69%.
- Chez les 18-24 ans, 72% ont déjà vécu un ghosting — près de trois jeunes adultes sur quatre.
- 57% des répondants considèrent que le ghosting est une pratique nuisible pour la santé mentale.
D’autres études confirment l’ampleur du phénomène : 76% des utilisateurs et utilisatrices d’applications de rencontre rapportent avoir été ghostés au moins une fois (données agrégées de plusieurs enquêtes internationales).
Le travail de Navarro et collaborateurs (2020), mené auprès de 626 adultes, estime que près de 30% de l’ensemble des relations (pas uniquement celles nées en ligne) sont touchées par le ghosting.
La culture du swipe et la normalisation de l’évitement
Ces chiffres ne tombent pas du ciel. La multiplication des profils disponibles sur les applications crée une illusion d’abondance : pourquoi faire l’effort d’une conversation difficile quand le prochain match est à un glissement de doigt ? Le ghosting devient alors un comportement par défaut, presque banal, dédramatisé à coups de mèmes et de blagues sur les réseaux sociaux.
Mais le fait qu’un comportement soit répandu ne le rend pas inoffensif. La banalisation du ghosting est précisément ce qui le rend si toxique : la personne ghostée se retrouve à douter de sa propre perception (« C’est moi qui exagère ?
Tout le monde vit ça, non ? »), ce qui ajoute de la confusion émotionnelle à la douleur du rejet.
Les 7 profils psychologiques du ghosteur
Comprendre pourquoi une personne ghoste ne revient pas à l’excuser. Mais cela permet de déplacer le projecteur : au lieu de vous demander « qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? », vous pouvez commencer à voir ce qui se passe chez l’autre. Voici les sept profils les plus fréquents.
1. L’évitant émotionnel (peur du conflit)
C’est le profil le plus courant. Cette personne n’est pas malveillante — elle est terrifiée par la confrontation. L’idée de prononcer les mots « je ne veux plus te voir » lui est insupportable.
Elle anticipe la réaction de l’autre (colère, tristesse, culpabilisation) et choisit la fuite plutôt que l’affrontement. Pour elle, disparaître est paradoxalement moins violent que de dire la vérité. C’est évidemment faux, mais c’est sincèrement ce qu’elle croit.
2. Le phobique de l’engagement
Ici, le problème n’est pas la peur du conflit mais la peur de l’intimité. Tant que la relation reste légère, tout va bien. Mais dès que les sentiments s’approfondissent, dès que l’autre commence à parler de « nous » ou de projets, un signal d’alarme retentit.
Le ghosting devient un mécanisme d’éjection automatique. Ce profil revient parfois après quelques semaines, quand la pression est retombée — avant de disparaître à nouveau au prochain seuil d’intimité.
3. Le narcissique (jeu de pouvoir)
Ce profil est le plus toxique. Le ghosting n’est pas une fuite mais une arme relationnelle. La personne narcissique utilise le silence comme un outil de contrôle : elle sait que vous allez vous inquiéter, chercher des explications, vous remettre en question.
C’est exactement ce qu’elle veut. Maintenir l’autre dans l’incertitude, c’est maintenir l’emprise. Si ce profil vous parle, je vous invite à lire l’article sur les relations toxiques et la manipulation.
4. Le submergé (sursollicitation)
Celui-ci ou celle-ci ne ghoste pas par indifférence mais par épuisement. Charge mentale au travail, problèmes familiaux, anxiété, voire épisode dépressif — certaines personnes n’ont tout simplement plus l’énergie de maintenir un lien relationnel.
Répondre à un message devient une montagne. Ce n’est pas une excuse (un simple « je traverse une période difficile » prendrait 10 secondes), mais c’est un contexte qui mérite d’être compris.
5. L’indécis chronique (FOBO — Fear of Better Options)
Le FOBO (Fear of Better Options, la peur qu’il existe mieux ailleurs) est l’enfant illégitime de la culture des applications de rencontre. Cette personne ne vous ghoste pas parce que vous ne lui plaisez pas — elle vous ghoste parce qu’elle n’arrive pas à choisir.
Et plutôt que de fermer une porte, elle laisse toutes les portes entrouvertes. Le résultat est le même pour vous : le silence.
6. Le « ghosté devenu ghosteur » (reproduction du schéma)
Celui-ci ou celle-ci a été ghosté dans le passé et n’a jamais traité cette blessure. Par un mécanisme de répétition traumatique, il ou elle reproduit le comportement qu’il ou elle a subi.
C’est une manière inconsciente de reprendre le contrôle : « cette fois, c’est moi qui décide de partir ». Ce schéma est fréquent chez les personnes qui n’ont pas eu l’occasion de travailler sur leur style d’attachement.
7. Le protecteur (ghosting comme mécanisme de défense légitime)
C’est le seul cas où le ghosting peut être considéré comme une réponse adaptée. Face à une personne agressive, harcelante ou dangereuse, couper le contact sans explication est un acte de protection, pas de lâcheté. Quand la communication elle-même représente un risque (harcèlement, manipulation, violences psychologiques), le silence devient un bouclier.
Pourquoi le ghosting fait si mal : l’explication neuroscientifique
Si le ghosting provoque une douleur aussi intense, ce n’est pas parce que vous êtes « trop sensible ». C’est parce que votre cerveau est littéralement programmé pour réagir au rejet social comme à une menace vitale.
La douleur sociale est une douleur physique
Plusieurs études en neuroimagerie fonctionnelle (IRMf) ont démontré que le rejet social active les mêmes zones cérébrales que la douleur physique, notamment le cortex cingulaire antérieur dorsal et l’insula antérieure. Autrement dit, quand quelqu’un vous ghoste, votre cerveau réagit de la même manière que si on vous infligeait une blessure physique.
D’un point de vue évolutif, c’est logique : pour nos ancêtres, être exclu du groupe signifiait la mort. Le cerveau a donc développé un système d’alerte extrêmement puissant face à toute forme d’exclusion. Le problème, c’est que ce système ne fait pas la différence entre un danger de mort réel et un message resté sans réponse sur WhatsApp.
L’effet Zeigarnik : le cerveau déteste les histoires inachevées
Le ghosting ne vous donne aucune clôture. Pas de « c’est fini », pas de « voici pourquoi », pas de point final. Or, la psychologie cognitive a démontré depuis les travaux de Bluma Zeigarnik (1927) que le cerveau humain se souvient mieux des tâches inachevées que des tâches terminées et y consacre davantage de ressources mentales.
Appliqué au ghosting, cela signifie que votre cerveau va tourner en boucle pour essayer de résoudre l’énigme : « Pourquoi ? Qu’est-ce qui s’est passé ? Est-ce que j’ai dit quelque chose ?
Est-ce que la personne va revenir ? » Cette boucle de rumination peut durer des semaines, voire des mois, parce que le cerveau ne dispose d’aucune information pour « fermer le dossier ».
Impact sur le sommeil
L’étude menée par Langlais et collaborateurs à l’Université Baylor (2025) a mis en évidence un lien direct entre le fait d’avoir été ghosté et une dégradation de la qualité du sommeil.
Les personnes ghostées présentent davantage de difficultés d’endormissement, de réveils nocturnes et de ruminations au coucher. Le mécanisme est limpide : l’incertitude maintient le système nerveux en état d’hypervigilance, incompatible avec le relâchement nécessaire au sommeil.
La boucle rumination-anxiété
L’absence de réponse crée un vide que le cerveau cherche frénétiquement à combler. Les pensées automatiques négatives s’engouffrent dans ce vide :
- « Si la personne avait tenu à moi, elle aurait répondu » (personnalisation)
- « Tout le monde finit par me quitter » (surgénéralisation)
- « Je suis trop ceci, pas assez cela » (disqualification du positif)
Chaque pensée nourrit l’anxiété, qui nourrit les ruminations, qui nourrissent de nouvelles pensées négatives. Sans intervention, cette boucle peut s’auto-entretenir pendant très longtemps.
Ghosting et style d’attachement : la clé pour tout comprendre
La théorie de l’attachement, développée par John Bowlby puis enrichie par Mary Ainsworth, est l’un des cadres les plus puissants pour comprendre à la fois pourquoi certaines personnes ghostent et pourquoi certaines personnes souffrent davantage d’être ghostées.
L’évitant : le profil type du ghosteur
L’étude de Navarro et collaborateurs (2020), menée auprès de 626 adultes, a établi un lien significatif entre le style d’attachement insécure-évitant et la propension à ghoster. Les personnes ayant un attachement évitant ont appris, souvent dès l’enfance, à réprimer leurs besoins émotionnels et à valoriser l’indépendance au détriment de l’intimité.
Pour elles, la proximité émotionnelle est une source d’inconfort, voire d’angoisse. Le ghosting devient alors un mécanisme de régulation : quand la relation devient « trop proche », elles s’éjectent.
Ce n’est pas de la méchanceté — c’est un schéma d’attachement qui opère de façon largement automatique. Mais comprendre le mécanisme ne signifie pas l’accepter : un comportement peut être explicable sans être excusable.
L’anxieux : le profil le plus vulnérable au ghosting
À l’opposé du spectre, les personnes ayant un attachement anxieux sont celles qui souffrent le plus du ghosting. Leur système d’attachement est en permanence en alerte : elles guettent les signaux de disponibilité de l’autre, interprètent la moindre variation de ton, et ont besoin de réassurance régulière.
Le ghosting frappe exactement là où ça fait le plus mal : il active la peur fondamentale de l’abandon qui structure leur rapport aux autres.
Si vous avez un attachement anxieux et que vous avez été ghosté, votre souffrance n’est pas disproportionnée. Elle est la réponse logique de votre système d’attachement face à la pire situation possible : la disparition sans explication de la figure d’attachement.
L’attachement sécure : un facteur de protection
Les personnes ayant un attachement sécure ne sont pas immunisées contre la douleur du ghosting, mais elles disposent de ressources internes qui leur permettent de traverser l’épreuve plus rapidement : une estime de soi stable, la capacité à ne pas se personnaliser le comportement de l’autre, et un réseau de soutien social sur lequel s’appuyer.
Pour mieux comprendre votre propre style d’attachement et son impact sur vos relations, je vous invite à consulter l’article dédié aux styles d’attachement.
Les 5 phases après un ghosting (et ce qui est normal)
Si vous venez d’être ghosté, il est probable que vous vous reconnaissiez dans l’une de ces phases. Sachez qu’elles sont toutes normales. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise manière de réagir, et ces phases ne se succèdent pas toujours de façon linéaire — vous pouvez alterner, revenir en arrière, en sauter certaines.
Phase 1 : Le déni (« Il/elle va revenir »)
Les premiers jours, le cerveau refuse d’accepter la réalité. Vous trouvez des explications rationnelles : « Son téléphone est peut-être cassé », « Il ou elle est débordé au travail », « On s’est vus il y a trois jours, ce n’est pas possible ». Vous vérifiez votre téléphone compulsivement. Vous relisez les derniers messages à la recherche d’un indice.
Ce qui est normal : cette phase de déni est un mécanisme de protection. Le cerveau a besoin de temps pour intégrer une information douloureuse.
Phase 2 : L’enquête obsessionnelle (stalking des réseaux)
Quand le déni se fissure, l’enquête commence. Vous consultez le profil Instagram, le statut WhatsApp, les stories, l’activité LinkedIn. Chaque « vu il y a 5 minutes » devient une preuve accablante : la personne est bien vivante, elle a choisi de ne pas vous répondre. Cette phase est alimentée par l’effet Zeigarnik : le cerveau cherche désespérément une réponse.
Ce qui est normal : presque tout le monde le fait. Mais si cette phase dure plus de deux semaines ou interfère avec votre quotidien, c’est un signal d’alerte.
Phase 3 : La colère
« Pour qui se prend cette personne ? » La colère arrive comme un soulagement après le doute. C’est une émotion saine à ce stade : elle signifie que vous commencez à reconnaître que le comportement de l’autre est inacceptable, indépendamment de vos éventuelles imperfections.
Le danger de cette phase, c’est de s’y installer : la colère chronique finit par vous empoisonner autant que la tristesse.
Ce qui est normal : ressentir de la rage, fantasmer sur un message incendiaire (que vous n’enverrez pas), en parler beaucoup à vos proches.
Phase 4 : La remise en question
C’est souvent la phase la plus douloureuse. La colère retombe et laisse place aux doutes : « Et si c’était vraiment de ma faute ? », « Est-ce que je suis trop ? Pas assez ? » C’est ici que les distorsions cognitives font le plus de dégâts, et c’est ici qu’un accompagnement professionnel peut faire une différence considérable.
Ce qui est normal : se poser des questions sur soi. Ce qui ne l’est pas : conclure que vous êtes fondamentalement défaillant.
Phase 5 : L’acceptation et la reconstruction
L’acceptation ne signifie pas « c’est OK, je m’en fiche ». Elle signifie : « Je ne saurai probablement jamais pourquoi, et j’accepte de vivre avec cette incertitude. » C’est le moment où l’énergie mentale se libère enfin pour se réinvestir ailleurs : dans vos amitiés, vos projets, votre développement personnel, et éventuellement de nouvelles rencontres.
Ce qui est normal : que cette phase prenne du temps. Il n’y a pas de chronomètre.
Comment surmonter un ghosting : 8 stratégies TCC
En tant que psychopraticien spécialisé en thérapies comportementales et cognitives, voici les huit stratégies que je propose à mes patients pour traverser un ghosting. Elles sont concrètes, validées par la recherche, et vous pouvez commencer à les appliquer dès aujourd’hui.
1. Identifier les distorsions cognitives
Le ghosting est un terreau fertile pour deux distorsions en particulier :
- La personnalisation : « C’est forcément à cause de moi. »
- La lecture de pensée : « Il/elle a trouvé quelqu’un de mieux. »
Le premier exercice consiste à repérer ces pensées automatiques au moment où elles surviennent. Posez-vous la question : « Est-ce un fait ou une interprétation ? » Dans la quasi-totalité des cas, c’est une interprétation. Vous ne disposez d’aucune information fiable sur les raisons du ghosting. Toute explication que vous construisez est une projection de vos propres peurs.
2. La technique du « et si c’est pas moi ? »
C’est un exercice de décentration cognitive. Listez au moins cinq raisons qui n’ont rien à voir avec vous pour lesquelles cette personne a pu ghoster :
- Elle a peur de l’engagement (profil 2).
- Elle traverse une période d’épuisement (profil 4).
- Elle reproduit un schéma dont elle n’a pas conscience (profil 6).
- Elle gère un problème personnel qu’elle ne souhaite pas partager.
- Elle n’a tout simplement pas la maturité émotionnelle pour communiquer.
L’objectif n’est pas de trouver la bonne raison — c’est de briser le monopole de l’explication autocentrée.
3. Écrire la lettre qu’on n’enverra jamais
Prenez un papier (ou ouvrez un document vierge) et écrivez tout ce que vous avez sur le cœur. Sans filtre, sans censure, sans souci de forme. La colère, la tristesse, l’incompréhension, les questions. Écrivez autant que nécessaire.
Puis ne l’envoyez pas. L’objectif est de donner une forme tangible à ce qui tourne en boucle dans votre tête. Les recherches en psychologie expressive (Pennebaker, 1997) montrent que le fait de mettre des émotions en mots réduit significativement l’activation physiologique du stress.
4. Le « no contact inversé » : reprendre le pouvoir
Quand vous êtes ghosté, le silence vous est imposé. Le no contact inversé consiste à décider activement de ce silence. Concrètement : supprimez ou archivez la conversation, bloquez le profil sur les réseaux sociaux (pas par vengeance, mais par hygiène mentale), et décidez que vous choisissez de ne plus attendre.
C’est un acte de reprise de contrôle. Le ghosteur vous a retiré le pouvoir de décider — vous le reprenez.
5. L’exercice des preuves contraires (estime de soi)
Quand la pensée « personne ne veut de moi » s’installe, prenez une feuille et divisez-la en deux colonnes :
| Ce que le ghosting me fait croire | Les preuves du contraire |
|---|---|
| « Je ne suis pas assez intéressant » | Mon ami·e X m’appelle chaque semaine pour discuter pendant des heures |
| « Personne ne me choisit » | J’ai été recruté pour ce poste parmi 50 candidats |
| « Je fais fuir les gens » | Mes collègues m’ont organisé une fête surprise pour mon anniversaire |
Cet exercice, issu de la restructuration cognitive, permet de rétablir une vision équilibrée de la réalité. Le ghosting n’est qu’un seul point de données — pas un résumé de votre valeur.
6. Détox numérique ciblée
Pendant au moins deux semaines, supprimez tout accès aux profils de la personne qui vous a ghosté. Pas de vérification « juste une dernière fois ». Chaque consultation est un micro-traumatisme qui relance la boucle de rumination. Si nécessaire, demandez à une personne de confiance de changer temporairement votre mot de passe sur l’application concernée.
7. Journal des pensées automatiques
Chaque soir pendant trois semaines, notez :
1. La situation déclencheuse (« J’ai vu une photo de lui/d’elle sur Instagram »)
2. La pensée automatique (« Il/elle est plus heureux sans moi »)
3.
L’émotion ressentie et son intensité de 0 à 10 (« Tristesse — 8/10 »)
4. La pensée alternative (« Je n’ai aucune idée de ce qu’il/elle ressent. Cette photo ne prouve rien. »)
5. L’émotion après reformulation (« Tristesse — 5/10 »)
Ce journal est l’un des outils fondamentaux de la TCC. Il entraîne votre cerveau à prendre du recul avant de conclure.
8. Quand consulter un professionnel
Certains signes indiquent que le ghosting a déclenché ou réactivé une blessure plus profonde :
- Vous n’arrivez plus à dormir depuis plus de deux semaines.
- Vous avez perdu l’appétit ou mangez compulsivement.
- Vous n’arrivez plus à vous concentrer au travail.
- Vous ressentez un sentiment de honte intense et permanent.
- Vous avez le sentiment que « tous les gens finissent par partir ».
- Vous reconnaissez un schéma répétitif dans vos relations.
Dans ces cas, le ghosting est probablement le déclencheur visible d’une problématique plus ancienne — souvent liée à l’attachement, à l’estime de soi ou à des expériences relationnelles précoces. Un accompagnement en TCC permet de travailler à la racine.
« Et si c’est moi le ghosteur ? » — Comprendre sans juger
Si vous vous reconnaissez dans l’un des sept profils décrits plus haut, cette section est pour vous. Le fait que vous lisiez ces lignes est déjà un signe de prise de conscience — et c’est le premier pas.
Pourquoi vous ghostez (probablement)
La plupart des personnes qui ghostent ne le font pas par cruauté. Elles le font parce qu’elles manquent de compétences en communication émotionnelle. Dire « je ne ressens plus la même chose » ou « cette relation ne me convient pas » demande trois choses que le ghosting permet d’éviter :
- Reconnaître ses propres émotions (« je ne sais pas ce que je ressens »)
- Les exprimer clairement (« je ne sais pas comment le dire »)
- Gérer la réaction de l’autre (« j’ai peur qu’il/elle soit en colère ou triste »)
Ce que le ghosting dit de vous — et ce que vous pouvez en faire
Le ghosting est souvent un signal d’alarme sur votre propre rapport à l’intimité et au conflit. Si vous ghostez régulièrement, il peut être utile d’explorer :
- Votre style d’attachement : un attachement évitant est fortement corrélé au ghosting.
- Votre rapport au conflit : avez-vous grandi dans un environnement où exprimer ses besoins était dangereux ou inutile ?
- Vos croyances relationnelles : « Si je dis ce que je pense, on va me rejeter. »
Un travail thérapeutique sur ces dimensions peut transformer votre manière d’être en relation — et vous éviter de reproduire un schéma qui, vous le savez probablement au fond de vous, ne vous satisfait pas non plus.
L’alternative au ghosting : le message honnête et bref
Voici un exemple de message qui prend 30 secondes à écrire et qui épargne des semaines de souffrance à l’autre :
« Bonjour, je préfère être honnête avec toi : je ne souhaite pas poursuivre cette relation. Ce n’est pas lié à quelque chose que tu aurais fait. Je te souhaite sincèrement le meilleur. »
Ce n’est pas facile. Mais c’est la preuve d’une maturité émotionnelle qui vous honore — et qui préserve la dignité de l’autre.
FAQ Ghosting
Le ghosting est-il une forme de violence psychologique ?
Le ghosting n’est pas classé comme de la violence psychologique au sens clinique du terme, sauf lorsqu’il est utilisé délibérément et de façon répétée comme outil de contrôle dans une dynamique d’emprise (profil narcissique).
Cependant, ses effets sur la personne qui le subit — anxiété, troubles du sommeil (étude Baylor 2025), perte d’estime de soi, ruminations — sont bien réels et documentés. Le ghosting est un comportement qui cause de la souffrance, même quand il n’est pas intentionnellement malveillant.
Combien de temps faut-il pour se remettre d’un ghosting ?
Il n’existe pas de durée standard. Cela dépend de la profondeur de la relation, de votre style d’attachement, de votre réseau de soutien et de vos ressources psychologiques.
Pour une relation naissante (quelques semaines), la plupart des personnes retrouvent leur équilibre en deux à quatre semaines. Pour une relation installée (plusieurs mois), le processus peut prendre deux à six mois, parfois plus si le ghosting réactive des blessures anciennes.
Faut-il envoyer un dernier message à la personne qui m’a ghosté ?
Vous pouvez envoyer un seul message, factuel et digne, pour poser un point final de votre côté. Par exemple : « Je comprends que tu ne souhaites plus communiquer.
J’aurais préféré une explication, mais je respecte ta décision. Je te souhaite bonne continuation. » En revanche, n’envoyez pas de message dans l’espoir d’obtenir une réponse — vous risquez de prolonger l’attente et la souffrance.
Pourquoi certaines personnes reviennent après un ghosting ?
C’est ce qu’on appelle parfois le zombieing — le retour du fantôme. Les raisons sont variées : solitude, rupture avec une autre personne, ennui, culpabilité, ou simplement le constat que « l’herbe n’était pas plus verte ailleurs ».
Si une personne revient après vous avoir ghosté, posez-vous cette question avant de répondre : « Est-ce que cette personne m’offre aujourd’hui ce que je mérite ? » Un retour sans excuses ni explication est rarement le signe d’un changement profond.
Le ghosting est-il plus fréquent chez les hommes ou les femmes ?
Les études existantes, dont l’enquête Unobravo 2025, ne montrent pas de différence significative entre les genres en matière de ghosting. Les hommes et les femmes ghostent et sont ghostés dans des proportions comparables.
Ce qui varie, en revanche, ce sont les raisons invoquées et la manière de vivre l’expérience — mais ces différences sont davantage liées au style d’attachement qu’au genre.
À retenir
Le ghosting n’est pas un reflet de votre valeur. C’est le reflet des limites émotionnelles de la personne qui l’a pratiqué. Les neurosciences montrent que la douleur que vous ressentez est réelle et légitime — votre cerveau traite le rejet social comme une douleur physique. Vous n’exagérez pas.
Les études sont formelles : 46% des Français ont été ghostés (Unobravo, 2025), 30% des relations sont touchées (Navarro et al., 2020), et l’impact sur le sommeil et la santé mentale est documenté (Baylor University, 2025). Vous n’êtes pas seul ni seule dans cette épreuve.
La bonne nouvelle, c’est que les outils de la TCC permettent de briser la boucle de rumination, de restaurer l’estime de soi et de transformer cette épreuve en une meilleure compréhension de vos besoins relationnels. Le ghosting peut devenir — aussi paradoxal que cela puisse paraître — le point de départ d’une relation plus saine avec vous-même.
Vous traversez un ghosting et vous avez besoin d’un accompagnement ?
Si le ghosting a déclenché une spirale de doutes, d’insomnies ou de remise en question profonde, vous n’avez pas à traverser cela seul ou seule.
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Gildas Garrec — Psychopraticien TCC à Nantes
Cabinet : 16 allée Jacques Berque, 44000 Nantes | Séance : 70 euros | Programme : 490 euros
Article mis à jour en février 2026
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Article bookmarke. J’y reviendrai regulierement, il y a trop de choses a integrer en une seule lecture.
Merci de me lire Manon. Chaque commentaire me rappelle pourquoi j’ai cree ce blog : aider les gens a mieux se comprendre et a vivre des relations plus sereines. Au plaisir de vous relire.
Chaleureusement,
Gildas
Article envoye a 3 amies. On est toutes passees par la. C’est devenu tellement banal et pourtant ca detruit.
Isabelle, merci de relayer. Souvent, on n’ose pas consulter directement, mais lire un article peut etre le premier pas. Votre geste compte plus que vous ne le pensez.
Chaleureusement,
Gildas
Partage sur mon compte. Ce blog merite d’etre plus connu.
Merci d’avoir partage Antoine. C’est comme ca que l’information circule et aide ceux qui en ont besoin. J’espere que ca aidera votre proche a y voir plus clair.
Chaleureusement,
Gildas