Ghosting après relation longue : pourquoi ça fait si mal - Psychologie et Serenite

Ghosting après relation longue : pourquoi ça fait si mal

Se faire ghoster après plusieurs mois de relation : pourquoi c’est encore plus douloureux

On parle souvent du ghosting après deux ou trois rendez-vous. Ça fait mal, c’est irrespectueux, mais on s’en remet. Puis il y a l’autre ghosting. Celui qui survient après des mois — parfois des années —

de relation. Celui qui vous laisse avec un cratère à la place du coeur et une question qui vous consume : « Comment peut-on disparaître après tout ce qu’on a vécu ? »

Si c’est votre histoire, cet article est pour vous. Pas pour minimiser, pas pour relativiser. Pour nommer ce que vous traversez et vous donner des clés pour en sortir.

Le ghosting après une relation longue : un phénomène en hausse

L’étude Unobravo (2025) révèle que 46 % des Français ont déjà été ghostés, et que le phénomène ne se limite plus aux premiers rendez-vous. Les thérapeutes constatent une augmentation des cas de ghosting dans des relations établies — celles où il y avait des projets, des habitudes, une intimité construite.

Navarro et al. (2020) estiment que le ghosting concerne environ 30 % des relations, toutes durées confondues. Ce n’est plus une anecdote de dating. C’est un mode de rupture qui s’est normalisé, y compris dans des relations significatives.

Pourquoi le ghosting tardif est fondamentalement différent

L’investissement émotionnel

Après deux rendez-vous, vous avez investi de la curiosité, de l’espoir. Après plusieurs mois, vous avez investi votre identité relationnelle. Vous avez partagé votre vulnérabilité, vos peurs, vos projets. Vous avez intégré cette personne dans votre quotidien, votre rapport au monde, votre vision de l’avenir.

Le ghosting tardif ne détruit pas seulement une relation. Il détruit la version de vous-même que vous étiez en train de construire avec cette personne.

L’absence de signaux d’alerte

Dans un ghosting précoce, avec le recul, on repère souvent des indices : des réponses évasives, un investissement asymétrique. Dans un ghosting tardif, ces signaux sont souvent absents — ou alors ils étaient noyés dans un flux d’affection qui rendait toute lucidité impossible.

C’est cette absence de cohérence qui rend la situation traumatisante. Le cerveau ne parvient pas à réconcilier deux réalités : « Cette personne m’aimait » et « Cette personne a disparu sans un mot. »

L’attachement neurologique

Plus une relation dure, plus le cerveau crée des circuits d’attachement profonds. L’ocytocine, la dopamine, les routines partagées — tout cela crée une dépendance neurochimique. Quand la personne disparaît, c’est l’équivalent d’un sevrage brutal, sans préparation.

Les recherches en IRMf montrent que le cerveau traite le rejet social comme une douleur physique. Dans le cas d’un ghosting tardif, cette douleur est amplifiée par la profondeur de l’attachement.

Le sentiment de trahison

Quand le silence est un mensonge rétroactif

Le ghosting tardif provoque un phénomène psychologique dévastateur : la réévaluation rétroactive. Vous commencez à douter de tout ce qui a précédé.

« Est-ce que c’était réel ? »
« Est-ce qu’il/elle m’a jamais aimé(e) ? »
« Est-ce que tout était un jeu ? »

Ce doute est toxique parce qu’il s’attaque à votre capacité de discernement. Si vous n’avez pas vu venir cette disparition, comment faire confiance à votre jugement dans le futur ?

L’effet Zeigarnik amplifié

L’effet Zeigarnik — cette tendance du cerveau à maintenir actives les situations inachevées — est particulièrement violent dans le ghosting tardif. Plus la relation était longue, plus le nombre de « fils narratifs » ouverts est important. Des projets, des conversations interrompues, des promesses non tenues. Le cerveau essaie de clôturer chacun de ces fils, sans y parvenir.

L’étude Baylor (2025) a démontré que le ghosting impacte significativement le sommeil. Dans les cas de ghosting tardif, les troubles du sommeil peuvent persister des semaines, voire des mois, précisément à cause de cette absence de clôture.

La double peine : la perte et l’humiliation

La perte

Vous perdez une personne, mais aussi un avenir imaginé. Les vacances prévues, les présentations aux familles, les discussions sur la vie commune. Chaque projet avorté est un deuil supplémentaire.

L’humiliation

Comment expliquer à vos proches que votre partenaire a tout simplement… disparu ? La honte n’est pas la vôtre, mais elle vous envahit malgré tout. Le regard des autres — compatissant, incrédule, parfois légèrement moqueur — ajoute une couche de souffrance.

L’isolement

Beaucoup de personnes ghostées après une relation longue s’isolent. Pas seulement par tristesse, mais par perte de confiance relationnelle. Si quelqu’un qui vous connaissait intimement peut partir sans un mot, alors personne n’est fiable. Cette croyance, si elle n’est pas travaillée, peut devenir un mur entre vous et toute relation future.

Est-ce du narcissisme ?

Les indices qui doivent alerter

Le ghosting tardif, dans certains cas, n’est pas un acte de lâcheté ordinaire. Il peut être la phase de dévaluation d’un cycle narcissique classique :

  1. Love-bombing : au début, tout était intense, rapide, fusionnel. Vous étiez « la personne parfaite ».
  2. Dévaluation progressive : des critiques subtiles, des silences punitifs, des soufflages chaud-froid.
  3. Discard : la disparition, brutale ou progressive.

Si vous reconnaissez ce schéma, le ghosting prend un sens différent. Il n’est pas un échec de communication. C’est un outil de contrôle.

Ce qui distingue le ghosting narcissique

Ghosting « ordinaire »Ghosting narcissique
La personne disparaît et ne revient pasLa personne disparaît puis revient (zombieing)
Motivé par la peur ou la lâchetéMotivé par le contrôle et le pouvoir
La personne se sent probablement coupableLa personne n’éprouve pas de culpabilité
Événement isoléPartie d’un cycle répétitif
Vous êtes tristeVous êtes désorienté(e), comme si vous perdiez le sens de la réalité

Si la deuxième colonne vous parle davantage, vous avez peut-être vécu une relation avec une personnalité manipulatrice. Le Programme Nouveau Départ est spécifiquement conçu pour accompagner la reconstruction après ce type de relation.

Se reconstruire : le chemin de la TCC

Étape 1 : Valider votre douleur

La première étape, et la plus importante, est d’arrêter de minimiser. « C’est juste un ghosting » — non. C’est un abandon sans explication après des mois d’intimité. Votre douleur est proportionnelle à votre investissement, et elle est légitime.

Étape 2 : Identifier les distorsions cognitives

La TCC nous apprend que la souffrance est souvent amplifiée par des pensées automatiques déformées :

  • Personnalisation : « C’est ma faute, j’aurais dû voir les signes. »
  • Pensée tout-ou-rien : « Si cette relation a échoué, toutes les suivantes échoueront. »
  • Surgénéralisation : « On ne peut faire confiance à personne. »
  • Lecture de pensée : « Il/elle a dû trouver quelqu’un de mieux. »

Repérer ces pensées est le premier pas pour les déconstruire.

Étape 3 : Créer votre propre clôture

Puisque l’autre ne vous donnera pas de clôture, vous allez vous la donner vous-même. Pas en envoyant un message (lisez notre article sur le dernier message après un ghosting avant de le faire). En écrivant, pour vous, ce que cette relation vous a appris, ce que vous refusez désormais, et ce que vous méritez.

Étape 4 : Reconstruire la confiance par étapes

La confiance ne se reconstruit pas par une décision. Elle se reconstruit par des expériences — petites, graduelles, contrôlées. La TCC propose des expositions progressives : d’abord des interactions sociales légères, puis des connexions plus profondes, à votre rythme.

Étape 5 : Se faire accompagner

Le ghosting tardif peut laisser des traces comparables à celles d’un traumatisme relationnel. Si les ruminations persistent, si la confiance ne revient pas, si les nuits restent difficiles, un accompagnement thérapeutique n’est pas un luxe. C’est un outil de reconstruction.

À retenir

  • Le ghosting après une relation longue est qualitativement différent d’un ghosting précoce. L’investissement émotionnel, l’attachement neurologique et l’absence de signaux rendent la blessure plus profonde.
  • La réévaluation rétroactive (douter de tout ce qui a précédé) est une réaction normale, pas un signe de faiblesse.
  • Le ghosting tardif peut, dans certains cas, être le signe d’un cycle narcissique. Identifier ce schéma est crucial pour la reconstruction.
  • L’effet Zeigarnik et l’impact sur le sommeil (Baylor, 2025) expliquent pourquoi votre cerveau « ne lâche pas ». Ce n’est pas de l’obsession, c’est de la neurologie.
  • La reconstruction est un processus, pas un événement. Et elle est possible.

Vous traversez cette épreuve ?

Le ghosting après une relation longue laisse des marques profondes sur l’estime de soi et la confiance relationnelle. Si vous vous reconnaissez dans cet article, deux options s’offrent à vous :

Si vous sortez d’une relation avec une personnalité manipulatrice :
Le Programme Nouveau Départ vous accompagne pas à pas dans la reconstruction après une relation toxique.

Si vous souhaitez retrouver votre liberté émotionnelle :
Prenez rendez-vous pour une consultation et travaillons ensemble sur votre reconstruction.


Pour comprendre le ghosting dans toutes ses dimensions : Le guide complet du ghosting.

Votre ghosteur est revenu ? C’est peut-être du zombieing — et voici pourquoi c’est un piège.

Vous vous demandez pourquoi cette personne a disparu ? Lisez les 10 vraies raisons du ghosting.

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12 réflexions sur “Ghosting après relation longue : pourquoi ça fait si mal”

    1. David, merci de relayer. Souvent, on n’ose pas consulter directement, mais lire un article peut etre le premier pas. Votre geste compte plus que vous ne le pensez.

      Chaleureusement,
      Gildas

    1. Merci d’avoir partage Emilie. C’est comme ca que l’information circule et aide ceux qui en ont besoin. J’espere que ca aidera votre proche a y voir plus clair.

      Chaleureusement,
      Gildas

    1. Merci a vous Valerie pour ce retour. Savoir que mes articles aident concretement les gens est ma plus grande motivation. Continuez a prendre soin de vous, vous etes sur la bonne voie.

      Chaleureusement,
      Gildas

    1. Sophie, votre evolution est inspirante. Le fait que vous ayez reussi a changer ce schema prouve que le changement est non seulement possible mais durable. Soyez fier/fiere de vous.

      Chaleureusement,
      Gildas

  1. J’avoue, j’ai deja ghoste quelqu’un et apres avoir lu cet article, je mesure l’impact que ca a pu avoir. Je regrette profondement.

    1. Merci pour votre message Alexandre. Prendre le temps de commenter, c’est deja une forme d’engagement envers soi-meme. N’hesitez pas si vous avez des questions ou si vous souhaitez approfondir certains points.

      Chaleureusement,
      Gildas

  2. Merci pour cet article. J’ai arrete de me demander « pourquoi » et j’ai commence a me demander « comment avancer ». Ca change tout.

    1. Votre retour me fait chaud au coeur Aurelie. C’est exactement pour ca que j’ecris ce blog : rendre la psychologie accessible et utile au quotidien. Merci de me lire.

      Chaleureusement,
      Gildas

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