Blue Monday : pourquoi janvier est si difficile (+ solutions) - Psychologie et Serenite

Blue Monday : pourquoi janvier est si difficile (+ solutions)

Blue Monday : pourquoi le mois de janvier est si difficile et comment y faire face

Chaque année, le troisième lundi de janvier est surnommé le « Blue Monday » — le jour le plus déprimant de l’année. Au-delà du buzz marketing, cette période concentre de vraies difficultés psychologiques. Décryptage et solutions concrètes.


Le Blue Monday : entre mythe et réalité

En 2005, un communiqué de presse présentait une supposée « équation » calculant le jour le plus triste de l’année. La formule, attribuée au psychologue Cliff Arnall, prenait en compte la météo, les dettes post-fêtes, le temps écoulé depuis Noël et le niveau de motivation.

La communauté scientifique a rapidement démystifié cette pseudo-équation : il n’existe aucune formule mathématique capable de calculer le bonheur ou la tristesse d’une journée.

Pourtant, si le Blue Monday en tant que concept scientifique est un mythe, la déprime de janvier est une réalité clinique que je constate chaque année dans mon cabinet à Nantes. Janvier est effectivement une période où de nombreuses personnes ressentent une baisse significative de moral, et ce pour des raisons bien identifiées.

Pourquoi janvier est objectivement difficile

Plusieurs facteurs convergent pour faire de cette période un moment délicat :

  • Le manque de lumière naturelle : en janvier, les journées sont parmi les plus courtes de l’année. Or, la lumière joue un rôle central dans la régulation de la sérotonine et de la mélatonine. Selon l’INSERM, environ 5 % de la population française souffre de trouble affectif saisonnier (TAS), et jusqu’à 15 % ressentent une forme atténuée de blues hivernal.

  • Le contrecoup des fêtes : les semaines de Noël et du Nouvel An créent une bulle d’effervescence — repas, cadeaux, retrouvailles, projets. Janvier marque le retour brutal à la routine. Ce contraste amplifie le sentiment de vide.

  • La pression des bonnes résolutions : « cette année, je change tout ». Dès la deuxième semaine de janvier, la plupart des résolutions sont déjà abandonnées, générant culpabilité et sentiment d’échec. Une étude de l’Université de Scranton estime que seulement 8 % des personnes tiennent leurs résolutions sur l’année.

  • Les contraintes financières : les dépenses de fin d’année pèsent sur le budget de janvier. Cette pression financière ajoute une couche de stress supplémentaire.

  • Le froid et la sédentarité : le froid pousse à l’isolement et réduit l’activité physique, deux facteurs directement liés à la baisse de l’humeur.


Ce qui se passe dans votre tête : le regard de la TCC

En thérapie cognitive et comportementale, on s’intéresse aux pensées automatiques — ces interprétations spontanées qui colorent notre perception de la réalité. En janvier, certaines pensées négatives reviennent de façon récurrente :

Les distorsions cognitives typiques de janvier

  • La surgénéralisation : « Janvier est toujours horrible, ça ne changera jamais. »
  • Le filtre mental négatif : ne voir que le froid, la grisaille, les factures — en occultant ce qui fonctionne.
  • La personnalisation : « Si je n’arrive pas à tenir mes résolutions, c’est que je suis faible. »
  • La pensée tout-ou-rien : « J’ai raté mon objectif de sport la première semaine, c’est foutu pour l’année. »

Ces distorsions ne sont pas des vérités. Ce sont des biais de raisonnement que votre cerveau produit automatiquement, surtout quand il est fatigué, sous-stimulé par la lumière, ou stressé. Les identifier est la première étape pour reprendre le contrôle.

Le cercle vicieux de la déprime hivernale

La TCC met en lumière un mécanisme que je retrouve fréquemment chez les personnes que j’accompagne :

  1. Pensée négative : « Je n’ai envie de rien, à quoi bon sortir. »
  2. Comportement d’évitement : rester chez soi, annuler des sorties, réduire les contacts sociaux.
  3. Conséquence : isolement, baisse d’activité, perte de plaisir.
  4. Renforcement de la pensée : « Tu vois, je suis incapable de me motiver. »

Ce cercle est auto-entretenu. Plus on s’isole, plus on se sent déprimé, et plus on s’isole. La bonne nouvelle, c’est que ce cercle peut être brisé — à condition d’agir sur les bons leviers.


5 stratégies concrètes pour traverser janvier sereinement

1. Exposez-vous à la lumière, même artificielle

La luminothérapie est recommandée par la Haute Autorité de Santé dans le cadre du trouble affectif saisonnier. Concrètement :

  • Sortez marcher 20 à 30 minutes chaque jour, idéalement le matin, même par temps couvert.
  • Si vous investissez dans une lampe de luminothérapie (10 000 lux), utilisez-la 30 minutes le matin.
  • Ouvrez grand vos rideaux dès le réveil.

L’objectif est de signaler à votre organisme qu’il fait jour pour réguler votre horloge biologique.

2. Remplacez les résolutions par des micro-habitudes

Le problème des grandes résolutions, c’est qu’elles sont trop ambitieuses et trop vagues. En TCC, on travaille avec des objectifs SMART — spécifiques, mesurables, atteignables, réalistes et temporels.

Au lieu de « je vais faire plus de sport », essayez : « je marche 15 minutes trois fois par semaine pendant le mois de janvier ». C’est moins spectaculaire, mais infiniment plus efficace. Chaque petite victoire renforce votre confiance en vous et crée un élan positif.

3. Planifiez des activités plaisantes

L’activation comportementale est l’un des outils les plus puissants de la TCC contre la déprime. Le principe est simple : n’attendez pas d’avoir envie pour agir — agissez, et l’envie viendra.

Chaque dimanche soir, notez dans votre agenda au moins deux activités qui vous font du bien pour la semaine à venir. Ce peut être un café avec un ami, un film, une séance de sport, un bain chaud, une balade — peu importe, tant que c’est concret et planifié.

4. Questionnez vos pensées négatives

Quand une pensée sombre s’installe (« ce mois est interminable », « je ne m’en sors pas »), prenez quelques secondes pour la questionner :

  • Quelles preuves ai-je que cette pensée est vraie ?
  • Quelles preuves ai-je qu’elle est fausse ou exagérée ?
  • Qu’est-ce que je dirais à un ami qui penserait la même chose ?
  • Y a-t-il une façon plus nuancée de voir la situation ?

Cet exercice, appelé restructuration cognitive, ne consiste pas à « penser positif » de façon artificielle. Il s’agit de rétablir un regard plus juste et équilibré sur votre réalité.

5. Maintenez le lien social, même a minima

L’isolement est le carburant de la déprime. Même si vous n’avez pas envie de voir du monde, maintenez un minimum de contacts :

  • Un appel téléphonique par jour avec un proche.
  • Un déjeuner par semaine avec un collègue ou un ami.
  • Une activité de groupe, même ponctuelle (cours de cuisine, atelier, marche en groupe).

Vous n’avez pas besoin de grandes sorties. Un simple échange humain suffit à briser le cercle de l’isolement.


Quand la déprime de janvier devient plus que passagère

La déprime saisonnière est normale et généralement transitoire. Cependant, certains signes doivent vous alerter :

  • La tristesse persiste au-delà de deux semaines sans amélioration.
  • Vous ressentez une perte d’intérêt pour tout, y compris ce qui vous faisait habituellement plaisir.
  • Votre sommeil est profondément perturbé (insomnie ou hypersomnie).
  • Vous avez des difficultés à vous concentrer au travail ou dans votre vie quotidienne.
  • Vous avez des pensées de dévalorisation intense ou d’inutilité.

Ces signaux peuvent indiquer un épisode dépressif qui nécessite un accompagnement professionnel. Un psychopraticien formé en TCC peut vous aider à identifier les mécanismes en jeu et à mettre en place des stratégies adaptées pour sortir de cette spirale.


À retenir

L’essentiel à retenir :

  • Le Blue Monday est un concept marketing, mais la déprime de janvier est une réalité clinique liée au manque de lumière, au contrecoup des fêtes et à la pression des résolutions.
  • En TCC, on identifie les pensées automatiques négatives et les comportements d’évitement qui entretiennent le cercle vicieux de la déprime.
  • Cinq leviers concrets : l’exposition à la lumière, les micro-habitudes, l’activation comportementale, la restructuration cognitive et le maintien du lien social.
  • Si la déprime dure plus de deux semaines ou s’intensifie, il est important de consulter.

Vous traversez une période difficile cet hiver ?

Vous n’avez pas à attendre que ça passe tout seul. Un accompagnement en TCC permet de comprendre ce qui se joue, de briser les cercles vicieux et de retrouver un quotidien plus serein — même en plein coeur de l’hiver.

Gildas Garrec — Psychopraticien et praticien TCC à Nantes
Cabinet : 16 Allée Jacques Berque, 44000 Nantes
Séance individuelle : 70 € | Programme Confiance en soi : 490 €

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10 réflexions sur “Blue Monday : pourquoi janvier est si difficile (+ solutions)”

    1. Merci d’avoir partage Julie. C’est comme ca que l’information circule et aide ceux qui en ont besoin. J’espere que ca aidera votre proche a y voir plus clair.

      Chaleureusement,
      Gildas

    1. Antoine, ravi que le contenu vous soit utile. N’hesitez pas a explorer les autres articles du blog, ils forment un ensemble coherent pour mieux comprendre vos mecanismes relationnels. Prenez soin de vous.

      Chaleureusement,
      Gildas

  1. La famille toxique a Noel… c’est mon cauchemar annuel. Cette annee, j’ai applique vos conseils et pour la premiere fois, j’ai survecu aux fetes sans m’effondrer.

    1. Merci de me lire Sarah. Chaque commentaire me rappelle pourquoi j’ai cree ce blog : aider les gens a mieux se comprendre et a vivre des relations plus sereines. Au plaisir de vous relire.

      Chaleureusement,
      Gildas

  2. L’anxiete de la rentree, je croyais que c’etait que pour les enfants. A 40 ans, je la vis toujours. Savoir que c’est normal m’aide.

    1. Gildas GARREC

      Merci Romain. Votre commentaire me motive a continuer. Si un sujet vous interesse particulierement, dites-le moi, j’en ferai peut-etre un prochain article. A bientot sur le blog.

      Chaleureusement,
      Gildas

  3. Votre approche TCC rend les choses tellement plus concretes que les articles classiques de psychologie. On sait quoi faire, pas juste quoi penser.

    1. Merci Pauline. Votre commentaire me motive a continuer. Si un sujet vous interesse particulierement, dites-le moi, j’en ferai peut-etre un prochain article. A bientot sur le blog.

      Chaleureusement,
      Gildas

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