Phobie de lavion et TCC : le témoignage de Thomas - Psychologie et Serenite

Phobie de l’avion et TCC : le témoignage de Thomas

Témoignage : vaincre sa phobie de l’avion grâce à la TCC

Les prénoms et certains détails ont été modifiés pour respecter la confidentialité.

Huit ans les pieds sur terre

Thomas a 42 ans, il est directeur commercial dans une entreprise nantaise qui se développe à l’international. Son CV est impeccable, ses résultats excellents, son équipe le respecte. Mais Thomas cache quelque chose : il n’a pas pris l’avion depuis huit ans.

Huit ans de stratagèmes. Huit ans de trains de nuit, de visioconférences arrangées, de collègues envoyés à sa place. Huit ans à refuser des promotions qui impliqueraient des déplacements. Huit ans à mentir — aux autres et à lui-même — en disant qu’il « préférait le train pour des raisons écologiques ».

La vérité, c’est que Thomas est paralysé par la peur. Une peur qui ne se limite pas au moment du vol : elle commence des semaines avant, dès qu’un voyage est évoqué.

Insomnie, nœud à l’estomac, scénarios catastrophe en boucle. La dernière fois qu’il a mis les pieds dans un avion, il a fait une crise de panique si violente qu’il a cru mourir. Depuis, plus jamais.

Quand son employeur lui annonce un salon professionnel incontournable à Barcelone, Thomas comprend qu’il ne peut plus fuir. C’est ce qui l’amène à consulter un psychopraticien spécialisé en thérapie comportementale et cognitive (TCC).

Comprendre la phobie : quand le cerveau surprotège

Lors de la première rencontre, Thomas est soulagé d’apprendre que sa phobie est l’un des troubles anxieux les plus courants — et l’un des mieux traités par la TCC. L’aérophobie touche entre 10 et 40 % de la population à des degrés divers.

On lui explique le mécanisme en jeu : face à une situation perçue comme dangereuse, le cerveau déclenche une réponse de survie (le fameux « fight or flight »).

Le problème, c’est que ce système d’alarme est parfois trop sensible. Il se déclenche même quand le danger réel est infime — comme dans un avion, qui reste statistiquement le moyen de transport le plus sûr.

La phobie se nourrit ensuite d’un cercle vicieux : on évite l’avion → l’évitement renforce la peur → la peur justifie l’évitement → et ainsi de suite. Plus on évite, plus la phobie se renforce.

Thomas comprend pour la première fois que sa peur n’est pas un signe de faiblesse. C’est un mécanisme de protection qui s’est emballé. Et la bonne nouvelle, c’est qu’un mécanisme appris peut être désappris.

Le parcours TCC de Thomas : étape par étape

Étape 1 — Cartographier la peur

Avant de combattre un ennemi, il faut le connaître. Thomas remplit un questionnaire d’évaluation qui permet de mesurer l’intensité de sa phobie et d’identifier précisément ce qui lui fait peur.

Car « avoir peur de l’avion » recouvre des réalités très différentes :
– Peur du crash (catastrophe)
– Peur de l’enfermement (claustrophobie)
– Peur des turbulences (perte de contrôle)
– Peur de la panique elle-même (peur de la peur)

Pour Thomas, c’est un mélange de peur du crash et de peur de refaire une crise de panique en public. Identifier ces deux composantes permet de cibler le travail thérapeutique.

Étape 2 — Déconstruire les pensées catastrophiques

Thomas vit avec des pensées automatiques qui alimentent sa phobie au quotidien :
« Les avions peuvent tomber à tout moment. »
« Si je panique, je vais perdre le contrôle et me ridiculiser. »
« Mon intuition me dit que c’est dangereux, je dois l’écouter. »

En TCC, on ne cherche pas à nier la peur ni à la raisonner de force. On apprend à examiner les pensées avec une curiosité bienveillante.

Thomas découvre les distorsions cognitives qui colorent sa perception :
– La surestimation du danger : il évalue la probabilité d’un crash à 1 sur 1 000, alors qu’elle est en réalité d’environ 1 sur 11 millions.

Le raisonnement émotionnel : « Je ressens de la peur, donc c’est dangereux. »
– La pensée catastrophique : imaginer systématiquement le pire scénario.

Pour chaque pensée, on construit une pensée alternative plus réaliste. Non pas « il n’y a aucun risque » (ce serait un mensonge), mais « le risque est extrêmement faible, et ma peur n’est pas proportionnelle au danger réel ».

Étape 3 — Apprendre à réguler le corps

La panique n’est pas seulement dans la tête : elle est dans le corps. Cœur qui s’emballe, souffle court, mains moites, vertiges. Thomas apprend des techniques de régulation physiologique :

  • La respiration abdominale : inspirer 4 secondes, retenir 4 secondes, expirer 6 secondes. Pratiquée quotidiennement, elle permet de calmer le système nerveux en quelques minutes.
  • La relaxation musculaire progressive : contracter puis relâcher chaque groupe musculaire, de la tête aux pieds.
  • L’ancrage sensoriel : se reconnecter au présent en nommant 5 choses que l’on voit, 4 que l’on touche, 3 que l’on entend…

Thomas pratique ces exercices chaque jour pendant trois semaines. Au début, il trouve cela « un peu bizarre ». Puis il constate que sa tension corporelle globale diminue, et que ses insomnies s’espacent.

Étape 4 — La désensibilisation progressive : le cœur du traitement

C’est l’outil le plus puissant de la TCC face aux phobies. Le principe : s’exposer progressivement à ce qui fait peur, en commençant par les situations les moins anxiogènes et en montant graduellement.

Thomas construit avec son thérapeute une hiérarchie d’exposition :

NiveauSituationAnxiété (0-10)
1Regarder des photos d’avions2/10
2Regarder des vidéos de vols4/10
3Écouter des enregistrements sonores de décollage5/10
4Se rendre à l’aéroport sans intention de voler6/10
5S’asseoir dans un simulateur de vol7/10
6Réserver un billet d’avion8/10
7Monter dans l’avion et voler9/10

À chaque niveau, Thomas s’expose à la situation jusqu’à ce que son anxiété diminue naturellement (c’est ce qu’on appelle l’habituation). Il utilise ses techniques de respiration, il observe ses pensées sans les combattre, et il constate — avec étonnement — que la panique finit toujours par redescendre.

Le cerveau apprend, concrètement : cette situation n’est pas dangereuse, je peux arrêter l’alarme.

Étape 5 — Le vol : le jour J

Six semaines après le début de l’accompagnement, Thomas se rend à l’aéroport de Nantes-Atlantique. Destination Barcelone. Vol d’une heure trente.

Il ne va pas prétendre que c’était facile. Ses mains étaient moites au moment de l’embarquement. Son cœur s’est accéléré au décollage. Pendant les turbulences, il a serré l’accoudoir en respirant profondément.

Mais il n’a pas paniqué. Il a utilisé ses outils : respiration abdominale, ancrage sensoriel, pensées alternatives. Et surtout, il a accepté la peur sans chercher à la faire disparaître totalement. C’est un point essentiel de la TCC : l’objectif n’est pas de ne plus jamais avoir peur, mais de ne plus être contrôlé par la peur.

À l’atterrissage, Thomas a envoyé un message à sa femme. Trois mots : « J’ai réussi. »

Les résultats, six mois plus tard

Thomas a repris l’avion quatre fois depuis cette première expérience. Chaque vol est un peu plus facile que le précédent. Il ressent encore de l’appréhension — c’est normal et humain — mais elle ne le paralyse plus.

Il a pu assister au salon de Barcelone, décrocher un nouveau contrat pour son entreprise, et surtout accepter la promotion qu’il refusait depuis trois ans. Sa vie professionnelle s’est débloquée. Mais au-delà du travail, c’est sa confiance en lui qui a changé : s’il a pu vaincre cette peur-là, il peut affronter bien d’autres choses.

Thomas dit souvent : « Je n’ai pas juste appris à reprendre l’avion. J’ai appris que mes peurs ne définissent pas ce que je suis capable de faire. »

Ce que la TCC apporte face aux phobies

La thérapie comportementale et cognitive est reconnue comme le traitement de référence pour les phobies spécifiques. Voici ce qu’elle permet concrètement :

  • Comprendre le mécanisme de la phobie (le cercle vicieux évitement-renforcement)
  • Identifier les pensées irrationnelles qui alimentent la peur
  • Acquérir des techniques de régulation du stress et de l’anxiété
  • S’exposer progressivement à la situation redoutée, dans un cadre sécurisé
  • Retrouver sa liberté de mouvement et de choix

Contrairement à ce que l’on croit parfois, il ne s’agit pas de « se forcer ». La désensibilisation est progressive, encadrée et respectueuse du rythme de chacun. On ne demande jamais à quelqu’un de sauter une étape.

À retenir

Une phobie n’est pas une fatalité. C’est un mécanisme de protection qui s’est emballé, et qui peut être recalibré grâce à des outils concrets.

La TCC permet, en quelques séances, d’apprendre à faire face à sa peur sans être submergé. Le courage, ce n’est pas l’absence de peur : c’est avancer malgré elle. Et c’est exactement ce que Thomas a appris à faire.

Vous aussi, vous évitez certaines situations par peur ?

Que ce soit l’avion, les espaces clos, les hauteurs, la conduite ou toute autre situation, les phobies peuvent considérablement limiter votre quotidien. Mais elles ne sont pas une fatalité.

Le Programme Phobie est un accompagnement structuré en TCC, conçu pour vous aider à reprendre le contrôle, pas à pas, à votre rythme.

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8 réflexions sur “Phobie de l’avion et TCC : le témoignage de Thomas”

  1. J’ai decouvert votre blog par hasard et je suis en train de lire tous les articles. Un vrai tresor de ressources.

    1. Gildas GARREC

      Merci a vous Nathalie pour ce retour. Savoir que mes articles aident concretement les gens est ma plus grande motivation. Continuez a prendre soin de vous, vous etes sur la bonne voie.

      Chaleureusement,
      Gildas

    1. Sandrine, merci de votre retour. Je suis content(e) que cet article vous parle. Si vous souhaitez aller plus loin, d’autres articles sur le blog abordent des themes complementaires. Bonne lecture !

      Chaleureusement,
      Gildas

    1. Merci d’avoir partage Sophie. C’est comme ca que l’information circule et aide ceux qui en ont besoin. J’espere que ca aidera votre proche a y voir plus clair.

      Chaleureusement,
      Gildas

    1. Merci de me lire Julien. Chaque commentaire me rappelle pourquoi j’ai cree ce blog : aider les gens a mieux se comprendre et a vivre des relations plus sereines. Au plaisir de vous relire.

      Chaleureusement,
      Gildas

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