Anxiété de la rentrée : 7 stratégies TCC pour septembre - Psychologie et Serenite

Anxiété de la rentrée : 7 stratégies TCC pour septembre

Anxiété de la rentrée : 7 stratégies TCC pour bien gérer septembre

Chaque année, la rentrée de septembre s’accompagne d’une vague d’anxiété qui touche bien au-delà des seuls écoliers. Adultes, salariés, parents, étudiants : le retour à la routine peut générer un stress intense. Voici 7 stratégies issues de la thérapie cognitive et comportementale pour aborder cette transition en douceur.


Pourquoi la rentrée génère autant d’anxiété

Un phénomène massif et sous-estimé

Quand on pense à l’anxiété de la rentrée, on imagine spontanément des enfants nerveux devant la grille de l’école. Mais la réalité est tout autre. Selon une enquête OpinionWay de 2023, près de 60 % des Français déclarent ressentir du stress à l’approche de la rentrée de septembre. Ce chiffre concerne aussi bien les parents que les salariés sans enfants.

En tant que psychopraticien à Nantes, je constate chaque année une nette augmentation des demandes de consultation entre la mi-août et la fin septembre. Les motifs sont variés, mais ils partagent un dénominateur commun : la difficulté à passer du mode « vacances » au mode « obligations ».

Les mécanismes psychologiques en jeu

L’anxiété de la rentrée n’est pas un caprice. Elle repose sur des mécanismes psychologiques bien identifiés :

Le contraste brutal entre deux états. Pendant les vacances, votre système nerveux s’est progressivement ajusté à un rythme plus lent : moins de pression, plus de sommeil, davantage de plaisir. La rentrée impose un retour abrupt à un état de vigilance élevé. Ce changement de rythme est un stresseur physiologique réel.

L’anticipation anxieuse. Le cerveau anxieux a tendance à projeter des scénarios négatifs sur l’avenir. « Et si je n’arrivais plus à tenir le rythme ? », « Et si l’ambiance au travail avait changé ?

», « Et si je n’y arrivais pas cette année ? ». Ces pensées anticipatoires créent une tension qui peut se manifester des jours, voire des semaines avant la reprise effective.

La surcharge cognitive. Septembre cumule les tâches : reprendre le travail, organiser la rentrée des enfants, gérer les inscriptions, relancer les projets laissés en suspens. Cette accumulation sature les capacités de traitement du cerveau et génère un sentiment d’être débordé.

La comparaison sociale. Les réseaux sociaux amplifient l’impression que tout le monde gère mieux que vous. Les publications de rentrée parfaite — enfants souriants, bureau rangé, to-do list cochée — alimentent le doute sur vos propres capacités.


La rentrée vue par la TCC : pensées, émotions, comportements

La thérapie cognitive et comportementale propose un cadre d’analyse particulièrement pertinent pour comprendre l’anxiété de la rentrée. En TCC, on considère que ce ne sont pas les événements eux-mêmes qui génèrent nos émotions, mais l’interprétation que nous en faisons.

Le modèle ABC appliqué à la rentrée

  • A (Activating event) — L’événement déclencheur : la date de la rentrée approche.
  • B (Belief) — La croyance/pensée : « Je ne vais pas y arriver, c’est trop. »
  • C (Consequence) — L’émotion et le comportement : anxiété, insomnie, procrastination.

Ce qui maintient l’anxiété, ce n’est pas la rentrée elle-même, mais le dialogue interne que vous entretenez à son sujet. Et c’est une excellente nouvelle, parce que si vos pensées entretiennent l’anxiété, modifier vos pensées peut la réduire.

Les pensées automatiques typiques de la rentrée

Voici les pensées que je retrouve le plus souvent chez les personnes que j’accompagne à cette période :

  • « Je ne suis pas prêt(e), il me faudrait encore une semaine de vacances. »
  • « Tout le monde a l’air de gérer sauf moi. »
  • « Ça va être l’enfer au bureau, il y a tellement de choses en retard. »
  • « Je vais replonger dans la même routine déprimante. »
  • « Et si les vacances m’avaient fait perdre mes compétences ? »

Ces pensées ont un point commun : elles sont catégoriques, pessimistes et rarement vérifiées. C’est exactement là que la TCC intervient.


7 stratégies TCC pour aborder la rentrée sereinement

1. Identifiez vos pensées anxieuses et mettez-les à distance

La première étape consiste à repérer les pensées automatiques qui alimentent votre anxiété. Prenez un carnet et, pendant trois jours avant la rentrée, notez chaque pensée négative qui traverse votre esprit concernant la reprise.

Ensuite, pour chaque pensée, posez-vous ces questions :

  • Est-ce un fait ou une interprétation ? (« Je ne vais pas y arriver » est une prédiction, pas un fait.)
  • Quelle est la probabilité réelle que ce scénario se produise ? (Souvent inférieure à ce que l’on croit.)
  • Ai-je déjà vécu des rentrées que je redoutais et qui se sont finalement bien passées ? (La réponse est presque toujours oui.)

Cet exercice de restructuration cognitive ne supprime pas l’anxiété par magie, mais il réduit son intensité en rétablissant un dialogue interne plus juste.

2. Créez un sas de décompression avant la reprise

L’erreur la plus fréquente est de passer directement des vacances à la reprise, sans transition. Prévoyez idéalement deux à trois jours de « sas » :

  • Reprenez progressivement un rythme de sommeil compatible avec votre horaire de travail (décalez votre réveil de 15 minutes par jour).
  • Faites une liste des tâches prioritaires de la première semaine — mais limitez-la à trois éléments maximum.
  • Préparez votre environnement : vêtements, sac, repas. Ces gestes concrets réduisent l’incertitude et, par extension, l’anxiété.

3. Utilisez la technique de l’exposition graduée

En TCC, l’exposition graduée consiste à affronter progressivement ce qui nous fait peur plutôt que de l’éviter. Appliquée à la rentrée, cela peut ressembler à :

  • J-5 : relire brièvement un email professionnel (5 minutes, pas plus).
  • J-3 : passer un appel à un collègue pour prendre des nouvelles.
  • J-1 : se rendre sur son lieu de travail pour un café rapide si possible.
  • Jour J : arriver avec un plan simple pour la journée (3 tâches maximum).

Chaque étape réduit l’effet de surprise et permet à votre cerveau de se réhabituer progressivement.

4. Pratiquez la respiration diaphragmatique

L’anxiété active le système nerveux sympathique (mode « combat ou fuite »). La respiration diaphragmatique active le système parasympathique (mode « repos et récupération »). C’est l’un des outils les plus simples et les plus efficaces de la TCC.

Exercice concret :

  1. Asseyez-vous confortablement, une main sur le ventre.
  2. Inspirez par le nez pendant 4 secondes en gonflant le ventre.
  3. Retenez votre souffle 4 secondes.
  4. Expirez lentement par la bouche pendant 6 secondes.
  5. Répétez 5 à 10 fois.

Pratiquez cet exercice matin et soir pendant la semaine précédant la rentrée, et au moment des pics d’anxiété. Les effets sont mesurables dès la première séance.

5. Appliquez la règle des 90 secondes

La neuroanatomiste Jill Bolte Taylor a mis en évidence que la durée de vie biologique d’une émotion dans le corps est d’environ 90 secondes. Ce qui prolonge l’émotion au-delà, ce sont les pensées que nous y ajoutons.

Quand une vague d’anxiété monte :

  • Observez-la sans la combattre : « Tiens, mon ventre se noue, mon coeur accélère. »
  • Nommez-la : « C’est de l’anxiété. Ce n’est pas un danger, c’est une émotion. »
  • Attendez 90 secondes en respirant calmement.
  • Constatez : l’intensité a diminué.

Cette technique, qui emprunte à la pleine conscience intégrée à la TCC (TCC de troisième vague), vous apprend à ne plus être esclave de vos émotions.

6. Planifiez des récompenses dans votre première semaine

L’activation comportementale est un pilier de la TCC. Le principe : associer la reprise à des expériences plaisantes pour contrebalancer le stress.

Avant la rentrée, prévoyez :

  • Un déjeuner avec un ami mardi.
  • Un soin, un sport ou une sortie mercredi soir.
  • Un dîner spécial vendredi pour célébrer la première semaine passée.

Ces moments d’ancrage positif empêchent votre cerveau de ne voir que les contraintes. Ils créent un équilibre entre obligations et plaisir — un équilibre essentiel pour le bien-être psychologique.

7. Fixez un objectif de rentrée réaliste et unique

Oubliez la liste de vingt résolutions de rentrée. Choisissez un seul objectif pour le mois de septembre. Un objectif concret, mesurable et atteignable :

  • « Je quitte le bureau à 18h30 au moins trois soirs par semaine. »
  • « Je marche 20 minutes chaque jour. »
  • « Je prends un vrai déjeuner (pas devant l’écran) au moins quatre fois par semaine. »

Un objectif unique et réaliste génère un sentiment de maîtrise. Plusieurs objectifs ambitieux génèrent de la surcharge. Choisissez la première option.


Le cas particulier des phobies liées à la rentrée

Pour certaines personnes, l’anxiété de la rentrée est liée à des problématiques plus profondes :

  • Phobie sociale : la reprise des interactions professionnelles, des réunions, des déjeuners en groupe peut être source de détresse intense.
  • Anxiété de performance : la peur de ne pas être à la hauteur, de perdre en compétences après la coupure.
  • Trouble anxieux généralisé : la rentrée n’est qu’un déclencheur parmi d’autres d’une anxiété diffuse et chronique.

Dans ces cas, les stratégies d’auto-gestion restent utiles mais peuvent ne pas suffire. Un accompagnement spécifique en TCC permet de travailler sur les schémas de pensée profonds qui alimentent ces difficultés. Le programme de traitement des phobies que je propose à mon cabinet de Nantes est précisément conçu pour ce type de problématique.


Rentrée et enfants : comment les parents peuvent aider

Si vous êtes parent, votre propre gestion du stress influence directement celle de vos enfants. Quelques principes TCC transposables :

  • Normalisez l’émotion : « C’est normal d’être un peu nerveux avant la rentrée, ça arrive à beaucoup de monde. »
  • Évitez la réassurance excessive : « Mais non, ça va très bien se passer ! » invalide l’émotion de l’enfant. Préférez : « Je comprends que tu sois inquiet. Qu’est-ce qui te fait le plus peur ? »
  • Préparez ensemble : impliquer l’enfant dans la préparation (choisir son sac, préparer ses affaires) lui donne un sentiment de contrôle.
  • Reprenez le rythme progressivement : comme pour les adultes, un sas de transition de quelques jours fait toute la différence.

À retenir

L’essentiel à retenir :

  • L’anxiété de la rentrée touche environ 60 % des Français et repose sur des mécanismes psychologiques identifiés : anticipation anxieuse, surcharge cognitive, contraste de rythme.
  • La TCC offre un cadre efficace pour comprendre et réduire cette anxiété en travaillant sur les pensées automatiques, les comportements d’évitement et les réponses physiologiques.
  • Les 7 stratégies : restructuration cognitive, sas de décompression, exposition graduée, respiration diaphragmatique, règle des 90 secondes, récompenses planifiées, objectif unique et réaliste.
  • Si l’anxiété est intense, chronique ou liée à une phobie, un accompagnement professionnel en TCC est recommandé.

Vous appréhendez la rentrée de septembre ?

L’anxiété de la rentrée n’est pas une fatalité. En quelques séances de TCC, il est possible de comprendre les mécanismes qui alimentent votre stress, de développer des outils concrets et de retrouver un sentiment de maîtrise. Vous n’avez pas à tout porter seul(e).

Gildas Garrec — Psychopraticien et praticien TCC à Nantes
Cabinet : 16 Allée Jacques Berque, 44000 Nantes
Séance individuelle : 70 € | Programme personnalisé : 490 €

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12 réflexions sur “Anxiété de la rentrée : 7 stratégies TCC pour septembre”

  1. Votre approche TCC rend les choses tellement plus concretes que les articles classiques de psychologie. On sait quoi faire, pas juste quoi penser.

    1. Gildas GARREC

      Merci pour votre message Maxime. Prendre le temps de commenter, c’est deja une forme d’engagement envers soi-meme. N’hesitez pas si vous avez des questions ou si vous souhaitez approfondir certains points.

      Chaleureusement,
      Gildas

  2. J’ai decouvert votre blog par hasard et je suis en train de lire tous les articles. Un vrai tresor de ressources.

    1. Merci a vous Camille pour ce retour. Savoir que mes articles aident concretement les gens est ma plus grande motivation. Continuez a prendre soin de vous, vous etes sur la bonne voie.

      Chaleureusement,
      Gildas

  3. La solitude en ete quand tout le monde part en vacances en couple… merci de reconnaitre que c’est un vrai sujet et pas juste du caprice.

    1. Valerie, merci pour ce message. C’est precisement mon objectif : offrir des outils concrets, bases sur la science, pour que chacun puisse avancer a son rythme. Ravi que ca vous parle.

      Chaleureusement,
      Gildas

  4. La famille toxique a Noel… c’est mon cauchemar annuel. Cette annee, j’ai applique vos conseils et pour la premiere fois, j’ai survecu aux fetes sans m’effondrer.

    1. Merci de me lire Manon. Chaque commentaire me rappelle pourquoi j’ai cree ce blog : aider les gens a mieux se comprendre et a vivre des relations plus sereines. Au plaisir de vous relire.

      Chaleureusement,
      Gildas

  5. L’anxiete de la rentree, je croyais que c’etait que pour les enfants. A 40 ans, je la vis toujours. Savoir que c’est normal m’aide.

    1. Mathieu, ravi que le contenu vous soit utile. N’hesitez pas a explorer les autres articles du blog, ils forment un ensemble coherent pour mieux comprendre vos mecanismes relationnels. Prenez soin de vous.

      Chaleureusement,
      Gildas

    1. Votre retour me fait chaud au coeur Emilie. C’est exactement pour ca que j’ecris ce blog : rendre la psychologie accessible et utile au quotidien. Merci de me lire.

      Chaleureusement,
      Gildas

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