Sortir dune relation toxique : le témoignage de Marie - Psychologie et Serenite

Sortir d’une relation toxique : le témoignage de Marie

Comment Marie s’est libérée d’une relation toxique en 7 séances

Les prénoms et certains détails ont été modifiés pour respecter la confidentialité.

« Je ne me reconnaissais plus »

Quand Marie pousse pour la première fois la porte du cabinet, elle a 34 ans, les yeux cernés et les mains qui tremblent légèrement. Elle s’excuse d’être là. Elle s’excuse de prendre du temps. Elle s’excuse d’exister, en quelque sorte.

Cela fait cinq ans qu’elle partage la vie de Lucas. Cinq ans de montagnes russes émotionnelles. Des déclarations d’amour intenses suivies de silences glacials. Des reproches permanents déguisés en humour.

Des crises de jalousie présentées comme des preuves d’attachement. Et cette phrase qui revient, encore et encore : « Tu as de la chance que je sois encore là, personne d’autre ne te supporterait. »

Marie le sait, quelque part au fond d’elle : quelque chose ne va pas. Mais elle n’arrive pas à mettre des mots dessus. Elle se sent coupable de se plaindre.

Après tout, Lucas ne la frappe pas. Il ne crie même pas — ou si rarement. Il contrôle, avec une précision chirurgicale, et c’est justement ce qui rend la situation si difficile à identifier.

C’est une amie, inquiète de la voir s’éteindre progressivement, qui lui glisse le numéro d’un psychopraticien spécialisé en thérapie comportementale et cognitive (TCC). Marie appelle un mardi soir, presque en cachette. Le premier pas est posé.

Le déclic : quand les mots commencent à nommer la réalité

Lors de la première séance, Marie parle longtemps. Elle raconte sans filtre, comme si un barrage venait de céder. Les petites humiliations quotidiennes. L’isolement progressif de ses amis.

La sensation de marcher sur des œufs en permanence. Le fait qu’elle vérifie son téléphone cinquante fois par jour pour voir si Lucas lui a écrit — et la panique quand il ne répond pas.

En TCC, le travail commence par une étape fondamentale : identifier et nommer. Non pas pour juger, mais pour comprendre. Marie découvre des notions qu’elle n’avait jamais entendues : l’emprise psychologique, le cycle de la violence émotionnelle, les mécanismes de manipulation.

Elle réalise, avec un mélange de soulagement et de douleur, que ce qu’elle vit a un nom. Et que ce n’est pas de sa faute.

Le parcours thérapeutique : 7 séances qui changent tout

Séance 1 — Poser le cadre et accueillir la souffrance

La première séance est consacrée à l’écoute. Marie a besoin de se sentir entendue, sans jugement. On pose ensemble les bases de l’accompagnement : qu’est-ce que la TCC ? Comment fonctionne-t-elle ? Quels sont les objectifs réalistes ?

Marie formule son premier objectif : « Je veux comprendre pourquoi je reste. »

On commence à cartographier la relation : les moments de bien-être (qui existent, et c’est ce qui rend la situation si complexe), les moments de souffrance, et surtout les schémas qui se répètent.

Séance 2 — Identifier les pensées automatiques

La TCC repose sur un principe central : nos émotions sont influencées par nos pensées, et beaucoup de ces pensées sont automatiques, c’est-à-dire qu’elles surgissent sans qu’on en ait conscience.

Marie découvre ses propres pensées automatiques :
« Si je pars, je ne trouverai personne d’autre. »
« C’est peut-être moi qui exagère. »
« Il a eu une enfance difficile, je dois être patiente. »
« Un couple, c’est forcément compliqué. »

On les note dans un tableau de pensées. Pour chacune, Marie apprend à se poser trois questions : Est-ce un fait ou une interprétation ? Quelle est la preuve ? Que dirait une amie à ma place ?

C’est un exercice simple en apparence, mais bouleversant en pratique. Marie commence à voir la différence entre la réalité et le récit que Lucas a construit pour elle.

Séance 3 — Comprendre le cycle de l’emprise

On travaille sur le cycle de l’emprise : tension — explosion — réconciliation — lune de miel — tension… Marie le reconnaît immédiatement. Elle peut même anticiper quand Lucas va « redevenir adorable » — juste après une crise, juste assez longtemps pour qu’elle reste.

Cette séance est douloureuse. Marie pleure beaucoup. Comprendre un mécanisme ne signifie pas qu’on cesse de souffrir — mais c’est le premier pas vers la reprise de contrôle.

On introduit un exercice de journal émotionnel : chaque jour, Marie note une situation, l’émotion ressentie, la pensée associée et un comportement alternatif possible.

Séance 4 — Reconstruire l’estime de soi

L’emprise fonctionne parce qu’elle détruit, petit à petit, l’image que l’on a de soi. Marie a intégré les messages de Lucas comme des vérités : elle serait « trop sensible », « pas assez intéressante », « chanceuse qu’il soit là ».

On commence un travail de restructuration cognitive. Pour chaque croyance négative, on cherche des contre-exemples concrets. Marie redécouvre qu’elle a des amies qui l’apprécient, un travail qu’elle fait bien, des qualités qu’elle avait oubliées.

Elle commence aussi un exercice quotidien : noter trois choses qu’elle a bien faites dans la journée, aussi petites soient-elles. Au début, elle trouve cela ridicule. Puis, semaine après semaine, la liste s’allonge.

Séance 5 — Apprendre à poser des limites

C’est la séance que Marie redoutait le plus. Poser des limites, c’est risquer le conflit. Et dans une relation toxique, le conflit est la chose la plus terrifiante qui soit.

On travaille par jeux de rôle. Marie s’entraîne à formuler des phrases simples : « Ce que tu dis me blesse. » « Je n’accepte pas qu’on me parle sur ce ton. » « J’ai besoin de temps pour moi ce soir. »

Au début, sa voix tremble. Puis elle se raffermit. Marie pratique ces phrases devant un miroir, puis dans des situations à faible enjeu (au travail, avec des connaissances). Elle construit, brique par brique, sa capacité à s’affirmer.

Séance 6 — Préparer la décision

Marie arrive à la sixième séance avec une énergie différente. Elle a commencé à revoir ses amies. Elle a repris une activité sportive. Et surtout, elle a posé une limite à Lucas — et le monde ne s’est pas effondré.

On travaille sur la prise de décision. Non pas en lui disant quoi faire — ce n’est jamais le rôle du thérapeute — mais en l’aidant à peser, de manière structurée, les avantages et les coûts de chaque option.

Marie construit un plan de sortie : aspects pratiques (logement, finances), soutien social (amies, famille), et surtout gestion émotionnelle (comment faire face à la culpabilité, au manque, aux tentatives de reconquête).

Séance 7 — Ancrer la transformation

Lors de la dernière séance, Marie a quitté Lucas depuis deux semaines. Ce n’est pas facile. Il y a des moments de doute, des nuits difficiles, des envies de revenir en arrière. Mais il y a aussi, pour la première fois depuis longtemps, un sentiment de cohérence entre ce qu’elle ressent et ce qu’elle fait.

On récapitule le chemin parcouru. On consolide les outils acquis. On prépare une boîte à outils anti-rechute : les pensées automatiques à surveiller, les situations à risque, les personnes-ressources à contacter.

Marie repart avec une phrase qu’elle a écrite elle-même dans son journal : « Je mérite une relation qui me fait grandir, pas une relation qui me fait disparaître. »

Où en est Marie aujourd’hui ?

Six mois après la fin de l’accompagnement, Marie a accepté de partager des nouvelles. Elle vit seule, dans un petit appartement qu’elle a décoré à son goût. Elle a repris contact avec des amies qu’elle avait perdues de vue. Elle a commencé une formation professionnelle qui lui tenait à cœur depuis des années.

Elle dit qu’elle a encore des moments de fragilité. Que certaines situations réactivent d’anciens réflexes. Mais elle sait désormais les reconnaître, et elle a les outils pour y faire face.

Marie n’a pas été « guérie » en sept séances. Elle a appris à se reconnaître, à se respecter et à se choisir. Et c’est peut-être le plus beau des chemins.

Ce que la TCC apporte concrètement dans ces situations

La thérapie comportementale et cognitive ne promet pas de miracles. Elle offre un cadre structuré, des outils concrets et un espace sécurisant pour :

  • Identifier les mécanismes d’emprise et les schémas répétitifs
  • Remettre en question les pensées automatiques qui maintiennent dans la relation
  • Reconstruire l’estime de soi, souvent profondément abîmée
  • Développer des compétences d’affirmation et de communication
  • Préparer une décision éclairée, à son propre rythme

À retenir

Sortir d’une relation toxique n’est pas une question de volonté. C’est un processus qui demande du temps, du soutien et des outils adaptés. La TCC permet de comprendre les mécanismes en jeu, de retrouver confiance en soi et d’avancer pas à pas vers une vie plus alignée avec ses propres valeurs. Chaque parcours est unique, et chaque premier pas compte.

Vous vous reconnaissez dans le parcours de Marie ?

Si cette histoire fait écho à ce que vous vivez, sachez que vous n’êtes pas seul(e). Il est possible d’apprendre à reconnaître les dynamiques toxiques, de retrouver son estime de soi et de reprendre le contrôle de sa vie.

Le Programme Liberté est un accompagnement structuré, basé sur la TCC, conçu pour les personnes prises dans des relations d’emprise. Il vous guide, séance après séance, vers une vie plus libre et plus sereine.

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10 réflexions sur “Sortir d’une relation toxique : le témoignage de Marie”

    1. Valerie, merci de relayer. Souvent, on n’ose pas consulter directement, mais lire un article peut etre le premier pas. Votre geste compte plus que vous ne le pensez.

      Chaleureusement,
      Gildas

    1. Gildas GARREC

      Votre retour me fait chaud au coeur Pauline. C’est exactement pour ca que j’ecris ce blog : rendre la psychologie accessible et utile au quotidien. Merci de me lire.

      Chaleureusement,
      Gildas

    1. Gildas GARREC

      Merci Thomas. Votre commentaire me motive a continuer. Si un sujet vous interesse particulierement, dites-le moi, j’en ferai peut-etre un prochain article. A bientot sur le blog.

      Chaleureusement,
      Gildas

    1. Camille, merci de relayer. Souvent, on n’ose pas consulter directement, mais lire un article peut etre le premier pas. Votre geste compte plus que vous ne le pensez.

      Chaleureusement,
      Gildas

    1. Merci de me lire Alexandre. Chaque commentaire me rappelle pourquoi j’ai cree ce blog : aider les gens a mieux se comprendre et a vivre des relations plus sereines. Au plaisir de vous relire.

      Chaleureusement,
      Gildas

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