Infidélité dans le couple : comprendre, surmonter et reconstruire (Guide TCC 2026) - Psychologie et Serenite

Infidélité dans le couple : comprendre et reconstruire

Infidélité dans le couple : comprendre, surmonter et reconstruire (Guide TCC 2026)

1. Introduction : l’infidélité, ce tabou qui concerne (presque) tout le monde

Les chiffres sont là, et ils sont sans appel. Selon la dernière enquête IFOP publiée en 2025, 41 % des hommes et 37 % des femmes déclarent avoir déjà été infidèles au cours de leur vie. Plus frappant encore : le taux d’infidélité féminine a progressé de 8 points en dix ans, signe d’une transformation profonde des dynamiques relationnelles contemporaines.

L’infidélité n’est donc ni rare, ni réservée à un genre, ni le symptôme exclusif de « mauvais couples ». Elle traverse toutes les catégories sociales, tous les âges, toutes les durées de relation. Pourtant, elle reste l’un des sujets les plus chargés émotionnellement, les plus difficiles à aborder, et les plus mal compris.

En tant que psychopraticien spécialisé en Thérapie Cognitive et Comportementale (TCC), je reçois chaque semaine à mon cabinet de Nantes des hommes et des femmes confrontés à l’infidélité —

qu’ils soient du côté de la personne trompée, de celle qui a trompé, ou parfois des deux. Ce que j’observe systématiquement, c’est un mélange de souffrance intense, de honte, de confusion et, souvent, d’une profonde incompréhension de ce qui s’est réellement passé.

Cet article a un objectif clair : vous donner les clés psychologiques pour comprendre l’infidélité, sans la banaliser ni la diaboliser. Nous explorerons les motivations profondes, les différences entre hommes et femmes, l’impact du numérique, le trauma de la trahison, et surtout les voies concrètes de reconstruction — qu’elles passent par le couple ou par la séparation.

Car voici une donnée qui mérite d’être connue : 63 % des couples qui traversent une infidélité restent ensemble (IFOP 2025). Mais — et c’est crucial — seulement 15 % retrouvent un niveau de satisfaction conjugale équivalent sans aide professionnelle. Autrement dit, rester ensemble ne suffit pas. C’est la qualité du processus de reconstruction qui fait toute la différence.


2. Pourquoi trompe-t-on ? Les 6 motivations psychologiques

La question « pourquoi ? » est presque toujours la première que pose la personne trompée. Et c’est aussi celle que se pose, souvent avec un sentiment de sidération, la personne qui a trompé.

Contrairement à ce que la culture populaire véhicule, l’infidélité est rarement une simple histoire de désir physique ou de « manque de morale ». La recherche en psychologie clinique identifie six grandes motivations, souvent entremêlées.

2.1. Le besoin de validation narcissique

C’est l’une des motivations les plus fréquentes et les moins avouées. Après plusieurs années de relation, certaines personnes ressentent un effritement de leur sentiment de valeur personnelle. L’attention d’un tiers — un regard admiratif, un compliment appuyé, un désir exprimé — vient combler un vide identitaire que le quotidien conjugal ne nourrit plus.

En TCC, on identifie ici un schéma de carence affective : la croyance profonde de ne pas être « assez » (assez désirable, assez intéressant, assez aimé) pousse à chercher une confirmation externe. L’infidélité devient alors un « antidépresseur relationnel » — efficace à court terme, dévastateur à long terme.

2.2. L’évitement de l’intimité véritable

Paradoxalement, certaines personnes trompent non pas par manque d’amour pour leur partenaire, mais par peur de la vulnérabilité qu’implique une intimité profonde.

Esther Perel, thérapeute de couple et auteure de The State of Affairs, le formule avec justesse : « Parfois, quand nous cherchons le regard d’un autre, ce n’est pas notre partenaire que nous quittons, mais la personne que nous sommes devenus. »

L’infidélité crée une distance émotionnelle protectrice. Elle permet de maintenir une forme de contrôle sur la relation en gardant « une porte de sortie », un espace où l’on n’a pas à se montrer dans toute sa fragilité.

2.3. La recherche de nouveauté et la chimie cérébrale

Helen Fisher, anthropologue et neuroscientifique, a démontré par imagerie cérébrale que le début d’une relation amoureuse active les mêmes circuits neuronaux que la cocaïne : libération massive de dopamine, activation du système de récompense, sentiment d’euphorie. Avec le temps, ces circuits s’habituent — c’est la fameuse « habituation hédonique ».

L’infidélité peut alors représenter une tentative (inconsciente) de retrouver cette intensité neurochimique. Ce n’est pas que l’amour a disparu ; c’est que le cerveau a besoin de nouvelles stimulations pour produire le même niveau de dopamine. Comprendre ce mécanisme ne justifie rien, mais permet de sortir du schéma simpliste « il/elle ne m’aimait plus ».

2.4. La vengeance inconsciente

Dans certains couples, l’infidélité est une réponse à une blessure antérieure non résolue. « Tu m’as négligé(e) pendant des mois, tu vas voir ce que ça fait. » Cette motivation est rarement consciente ni verbalisée, mais elle apparaît fréquemment en thérapie. Le passage à l’acte fonctionne comme un rééquilibrage symbolique du pouvoir dans la relation.

2.5. La crise identitaire (midlife et au-delà)

L’infidélité survient fréquemment lors de périodes de transition : la quarantaine, l’arrivée d’un enfant, un deuil, un changement professionnel, le départ des enfants. Ces moments de remise en question identitaire créent un terrain fertile pour la recherche d’un « autre soi », d’une version de soi-même que le cadre conjugal semble ne plus permettre.

2.6. La dépendance affective

À l’inverse de l’évitement de l’intimité, certaines personnes trompent parce qu’elles sont dans un schéma de dépendance affective qui les rend incapables de tolérer le moindre espace émotionnel dans leur couple.

Dès que le partenaire se montre moins disponible, la personne dépendante cherche ailleurs une « dose » de connexion émotionnelle. Cette dynamique est explorée en profondeur dans notre article sur la dépendance affective.


3. Infidélité masculine vs féminine : mythes et réalité

Les mythes tenaces

Il existe un récit culturel profondément ancré : les hommes tromperaient « par nature » (pulsion sexuelle, besoin de conquête), tandis que les femmes tromperaient « par émotion » (besoin d’amour, de connexion). Ce récit est partiellement vrai et largement simpliste.

Ce que disent les données IFOP 2025

L’enquête IFOP 2025 révèle une convergence notable entre les genres :

  • 41 % des hommes et 37 % des femmes ont déjà été infidèles — un écart de seulement 4 points, contre 12 points il y a une décennie.
  • Chez les 25-34 ans, l’écart se réduit encore davantage, voire s’inverse dans certaines sous-catégories.
  • L’infidélité émotionnelle (sans passage à l’acte physique) est jugée plus grave que l’infidélité sexuelle par 54 % des femmes, contre 29 % des hommes. C’est l’un des fossés de perception les plus significatifs entre les genres.

L’éclairage neurobiologique de Helen Fisher

Les travaux de Helen Fisher sur l’IRM fonctionnelle montrent que les circuits cérébraux activés lors de l’infidélité sont fondamentalement les mêmes chez les hommes et chez les femmes : système de récompense (dopamine), attachement (ocytocine, vasopressine), et désir sexuel (testostérone, estrogènes).

La différence se situe davantage dans les proportions relatives de ces trois systèmes :

  • Le système de désir sexuel (testostérone-dominant) peut être légèrement plus activé chez certains hommes, favorisant une infidélité plus orientée vers la sexualité.
  • Le système d’attachement (ocytocine-dominant) peut être légèrement plus activé chez certaines femmes, favorisant une infidélité plus orientée vers la connexion émotionnelle.

Mais il s’agit de tendances statistiques, pas de règles absolues. De nombreux hommes trompent pour des raisons émotionnelles, et de nombreuses femmes trompent pour des raisons sexuelles. Les stéréotypes de genre en matière d’infidélité sont non seulement réducteurs, mais aussi cliniquement dangereux : ils empêchent les personnes de comprendre leurs propres motivations.

La convergence générationnelle

Le fait le plus marquant des données 2025 est la convergence générationnelle. Chez les moins de 35 ans, les comportements d’infidélité sont quasi identiques entre hommes et femmes. Cette évolution reflète des changements sociétaux profonds : accès égalitaire aux applications de rencontre, autonomie financière des femmes, moindre stigmatisation sociale de la sexualité féminine.


4. L’infidélité numérique : la zone grise des relations modernes

Quand commence l’infidélité ?

Le numérique a brouillé les frontières de l’infidélité de manière inédite. Historiquement, l’infidélité impliquait un contact physique. Aujourd’hui, la question est infiniment plus complexe.

Selon l’IFOP 2025, 28 % des personnes interrogées considèrent le sexting comme une forme d’infidélité, tandis que 72 % le voient comme un comportement à « zone grise » dépendant du contexte. Cette absence de consensus est en elle-même une source majeure de conflits conjugaux.

Les formes d’infidélité numérique

Le sexting. L’échange de messages ou d’images à caractère sexuel avec une personne extérieure au couple. C’est la forme numérique la plus explicite, mais pas nécessairement la plus dévastatrice.

L’emotional cheating (infidélité émotionnelle en ligne). Des conversations intimes, profondes, régulières avec une personne extérieure au couple — sans contenu sexuel explicite, mais avec un niveau de connexion émotionnelle qui rivalise avec (ou dépasse) celui du couple.

C’est souvent la forme la plus douloureuse pour la personne trompée, car elle touche au sentiment d’être « remplaçable » sur le plan affectif.

La micro-tromperie numérique. Liker systématiquement les photos d’une personne spécifique, maintenir un contact DM ambigu, garder un profil actif sur une application de rencontre « au cas où », regarder les stories d’un(e) ex de manière compulsive.

Ces comportements, pris isolément, semblent anodins. Accumulés, ils créent un espace parallèle de séduction qui érode la confiance conjugale. Ce sujet est traité en détail dans notre article sur la micro-tromperie numérique.

Les applications de rencontre. Le simple fait de maintenir un profil actif (même sans rencontre physique) constitue pour beaucoup de partenaires une rupture du contrat de confiance. Les applications créent un marché permanent de la disponibilité relationnelle qui rend l’infidélité (ou sa tentation) plus accessible que jamais.

L’impact des réseaux sociaux sur la fidélité

Les réseaux sociaux ne créent pas l’infidélité, mais ils en facilitent considérablement l’accès. La possibilité de recontacter un(e) ex en un clic, de flirter dans l’anonymat relatif des DM, de construire une double vie numérique parallèle —

tout cela représente un défi inédit pour les couples contemporains. Nous explorons cette dimension dans notre article dédié à l’impact des réseaux sociaux sur le couple.

Ce que la TCC propose face à l’infidélité numérique

En thérapie, il est essentiel de définir ensemble les limites du couple face au numérique. Il ne s’agit pas de surveillance ou de contrôle, mais d’un accord explicite sur ce que chacun considère comme acceptable ou non. Cette conversation, souvent évitée, est pourtant l’un des meilleurs remparts contre l’érosion silencieuse de la confiance.


5. Le trauma de la trahison : comprendre le choc post-infidélité

Une blessure qui dépasse la simple déception

La découverte d’une infidélité provoque chez la personne trompée des réactions qui s’apparentent à un véritable stress post-traumatique. Ce n’est pas une métaphore : les symptômes observés en clinique sont remarquablement similaires à ceux du SSPT (Syndrome de Stress Post-Traumatique).

Les symptômes du trauma post-infidélité

L’hypervigilance. Vérification compulsive du téléphone du partenaire, surveillance de ses horaires, interprétation anxieuse du moindre retard ou changement de comportement. Le cerveau, ayant été « trompé » une fois, se met en mode alerte permanente pour ne plus jamais être surpris.

Les ruminations intrusives. Des images mentales répétitives et envahissantes de l’infidélité : scènes imaginées entre le partenaire et l’autre personne, relecture obsessionnelle des messages découverts, reconstitution mentale de la chronologie. Ces ruminations peuvent occuper jusqu’à 80 % du temps de pensée consciente dans les semaines suivant la découverte.

Les flashbacks et reviviscences. Certains lieux, odeurs, chansons ou situations déclenchent un retour brutal à l’émotion de la découverte. Le corps réagit comme si la trahison venait de se produire : accélération cardiaque, nausée, sensation d’étouffement.

L’oscillation émotionnelle. Alternance rapide entre colère (rage, désir de vengeance), tristesse (pleurs, sentiment d’abandon), et sidération (engourdissement émotionnel, sentiment d’irréalité). Cette oscillation est épuisante et désorientante, tant pour la personne qui la vit que pour son entourage.

La remise en question identitaire. « Si je n’ai rien vu, c’est que je suis naïf/naïve. Si on m’a trompé(e), c’est que je ne suis pas assez bien. » L’infidélité attaque les fondations mêmes de l’estime de soi et remet en question la capacité à faire confiance — à l’autre, mais aussi à son propre jugement.

Les phases du deuil après une trahison

La découverte d’une infidélité déclenche un processus de deuil comparable à celui d’une perte : deuil de l’image idéalisée du couple, deuil de la confiance, deuil de l’histoire telle qu’on la croyait. Ce processus suit des phases que nous détaillons dans notre article sur les phases du deuil amoureux.

Pourquoi ce trauma est si intense

L’infidélité active simultanément trois blessures fondamentales :

  1. La blessure de l’attachement : la figure d’attachement principale (le partenaire) est aussi la source du danger. Le cerveau ne sait plus s’il doit fuir vers le partenaire ou fuir le partenaire.
  2. La blessure narcissique : « je n’étais pas suffisant(e) ». L’ego est atteint dans sa capacité à se sentir choisi(e) et unique.
  3. La blessure de la réalité : tout ce que l’on croyait vrai (la fidélité, les soirées « entre collègues », les « je t’aime ») est remis en question. Le socle de réalité partagée s’effondre.

6. Peut-on pardonner une infidélité ? Les 3 conditions selon Gottman

Le pardon n’est pas l’oubli

John Gottman, l’un des chercheurs les plus reconnus en psychologie du couple, a étudié pendant plus de 40 ans les mécanismes de la réussite et de l’échec conjugal. Ses recherches sur la reconstruction post-infidélité identifient trois phases essentielles et trois conditions préalables au pardon authentique.

Condition 1 : L’expiation sincère

La personne qui a été infidèle doit traverser une phase d’expiation qui ne se limite pas à des excuses verbales. Gottman décrit cette étape comme la nécessité pour la personne infidèle de :

  • Assumer pleinement la responsabilité de ses actes, sans minimiser, sans rejeter la faute sur le couple ou sur le partenaire.
  • Tolérer la douleur de l’autre sans se mettre en position de victime (« tu me fais payer », « ça fait des mois, tu ne vas pas t’en remettre ? »).
  • Répondre aux questions de la personne trompée — même répétitives, même douloureuses — aussi longtemps que nécessaire.
  • Couper tout contact avec la tierce personne, de manière vérifiable et sans ambiguïté.

Cette phase est la plus difficile pour la personne infidèle, car elle exige de soutenir la souffrance qu’elle a causée sans chercher à l’abréger. Or, c’est précisément cette capacité à « rester dans l’inconfort » qui permet à la personne trompée de commencer à se sentir en sécurité.

Condition 2 : L’harmonisation

Une fois la phase d’expiation traversée (elle peut durer des semaines à des mois), le couple entre dans une phase d’harmonisation : comprendre ensemble pourquoi l’infidélité a eu lieu. Non pas pour la justifier, mais pour identifier les failles relationnelles qui ont créé le terrain fertile.

C’est ici que la question « pourquoi ? » change de fonction. Elle passe de « pourquoi m’as-tu fait ça ? » (accusation) à « qu’est-ce qui n’allait pas dans notre fonctionnement de couple ? » (exploration). Cette transition est cruciale et nécessite presque toujours un accompagnement professionnel.

Condition 3 : Le réattachement

La troisième phase est la construction d’un nouveau contrat relationnel. Le couple d’avant l’infidélité n’existe plus. La reconstruction ne consiste pas à « revenir comme avant », mais à créer un nouveau lien, plus lucide, plus explicite, potentiellement plus profond.

Gottman parle de la création d’une « nouvelle histoire du couple » — une narration qui intègre l’infidélité comme un événement douloureux mais transformateur, plutôt que comme une tache indélébile.

Ce que le pardon n’est PAS

  • Le pardon n’est pas l’oubli (la mémoire de l’événement restera, c’est sa charge émotionnelle qui diminuera).
  • Le pardon n’est pas la réconciliation automatique (on peut pardonner et choisir de se séparer).
  • Le pardon n’est pas un événement ponctuel (c’est un processus graduel, avec des rechutes possibles).
  • Le pardon n’est pas une obligation morale (personne n’est « tenu » de pardonner une trahison).

7. Reconstruire le couple après l’infidélité : le protocole TCC en 5 étapes

La Thérapie Cognitive et Comportementale offre un cadre structuré et éprouvé pour accompagner les couples après une infidélité. Voici le protocole que j’utilise dans ma pratique clinique, inspiré des travaux de Gottman et adapté aux outils TCC.

Étape 1 : Stabilisation émotionnelle (semaines 1-4)

Objectif : Réduire l’intensité du trauma et créer un espace de sécurité minimale.

Outils TCC utilisés :
Restructuration cognitive : identifier et remettre en question les pensées automatiques catastrophiques (« je ne pourrai plus jamais faire confiance », « notre couple est fini », « je suis pathétique de rester »).

Techniques de gestion de l’anxiété : respiration diaphragmatique, ancrage sensoriel, pour gérer les crises d’angoisse et les flashbacks.
Journal des ruminations : externaliser les pensées intrusives par écrit pour réduire leur emprise.

À ce stade, il n’est pas question de « travailler sur le couple » : l’objectif est que chaque individu retrouve un niveau de fonctionnement minimal (sommeil, alimentation, capacité à travailler).

Étape 2 : Narration complète et transparence (semaines 4-8)

Objectif : Permettre à la personne trompée d’obtenir les réponses dont elle a besoin, et à la personne infidèle d’assumer sa responsabilité.

Protocole :
– Séances individuelles préalables avec chaque partenaire pour préparer la narration.
– Séance(s) de couple encadrée(s) où la personne infidèle raconte les faits —

pas tous les détails sordides, mais suffisamment pour que la personne trompée ne reste pas prisonnière de son imagination (souvent pire que la réalité).
– Travail sur la tolérance à l’incertitude : accepter qu’on ne saura jamais « tout », et que c’est normal.

Étape 3 : Identification des schémas relationnels (semaines 8-16)

Objectif : Comprendre les dynamiques de couple qui ont précédé et facilité l’infidélité.

Outils TCC :
Analyse fonctionnelle : cartographier les comportements, pensées et émotions de chaque partenaire dans les mois précédant l’infidélité.
Identification des schémas précoces (Young) : abandon, méfiance, carence affective, exigences élevées…

Quels schémas individuels se sont « emboîtés » pour créer un terrain fertile ?
Communication non violente : apprendre à exprimer ses besoins sans accusation ni retrait.

C’est à cette étape que le couple comprend que l’infidélité est un symptôme autant qu’un acte. Elle révèle des failles qui existaient avant elle.

Étape 4 : Reconstruction de la confiance (semaines 16-30)

Objectif : Créer de nouveaux comportements de confiance, concrets et vérifiables.

Actions concrètes :
Engagement de transparence : partage volontaire (et non surveillant) des emplois du temps, accès aux téléphones si la personne trompée le demande (temporairement).
Rituels de reconnexion : moments quotidiens dédiés au couple (20 minutes minimum sans écran).

Expositions graduées : la personne trompée s’entraîne progressivement à tolérer des situations d’incertitude (le partenaire sort seul, voyage pour le travail) sans vérification compulsive.
Renforcement positif : valoriser chaque comportement de confiance réussi.

Étape 5 : Consolidation et prévention (semaines 30+)

Objectif : Ancrer les nouvelles dynamiques et prévenir la rechute.

Actions :
Bilan du parcours : qu’avons-nous appris ? Qu’est-ce qui a changé ?
Plan de prévention : identifier les signaux d’alerte précoces d’une dérive relationnelle et définir ensemble les actions correctives.
Espacement des séances : passage progressif d’un rythme hebdomadaire à mensuel, puis trimestriel.

Ce protocole s’étend sur 6 à 12 mois en moyenne. C’est un investissement considérable en temps et en énergie émotionnelle, mais les résultats sont significatifs : les couples qui suivent un protocole structuré de reconstruction ont un taux de satisfaction conjugale nettement supérieur à ceux qui tentent de « passer à autre chose » sans accompagnement.


8. Quand la séparation est la meilleure option

Reconstruire un couple après une infidélité est possible, mais ce n’est pas toujours souhaitable. Il est important de nommer clairement les situations où la séparation peut être la décision la plus saine.

Les indicateurs d’une reconstruction impossible

L’absence de remords authentique. Si la personne infidèle minimise, justifie, ou retourne la responsabilité sur son partenaire sans jamais exprimer de regret sincère, la reconstruction n’a pas de fondation.

La répétition. Une première infidélité peut être un accident de parcours. Des infidélités répétées, malgré des promesses de changement, révèlent un schéma comportemental qui nécessite un travail individuel profond — souvent incompatible avec la reconstruction conjugale simultanée.

La violence (physique ou psychologique). Si l’infidélité s’inscrit dans un contexte de relation toxique impliquant manipulation, contrôle, dévalorisation ou violence, la priorité absolue est la sécurité — pas la reconstruction.

L’impossibilité de ressentir. Certaines personnes trompées constatent, après plusieurs mois, qu’elles ne ressentent plus rien pour leur partenaire — ni colère, ni tristesse, ni amour. Cette indifférence émotionnelle (différente de la sidération initiale) est souvent le signe que le lien d’attachement est rompu de manière irréversible.

Le pardon instrumentalisé. Quand la personne infidèle utilise le pardon comme une « dette » (« je t’ai pardonné, tu me dois… ») ou quand la personne trompée utilise l’infidélité comme une arme permanente (« tu m’as trompé(e), donc tu n’as rien à dire »), la relation est enfermée dans un rapport de pouvoir toxique.

Se séparer n’est pas échouer

La décision de se séparer après une infidélité n’est pas un échec. C’est parfois l’acte de lucidité le plus courageux que l’on puisse poser. Le processus de deuil qui s’ensuit, bien qu’intensément douloureux, peut mener à une reconstruction personnelle profonde — une reconstruction qui était peut-être impossible tant que l’on restait dans une relation abîmée.


9. L’accompagnement de Gildas Garrec : programmes adaptés

Mon approche

En tant que psychopraticien spécialisé en TCC à Nantes, j’accompagne depuis plusieurs années des individus et des couples confrontés à l’infidélité. Mon approche repose sur trois principes :

  1. Non-jugement total. Je ne suis ni le juge, ni l’avocat d’un des partenaires. Mon rôle est de créer un espace où chacun peut exprimer sa vérité sans crainte de condamnation.
  2. Structure et progression. La TCC offre un cadre clair, avec des objectifs mesurables et des étapes identifiées. Vous savez où vous en êtes et où vous allez.
  3. Pragmatisme. Au-delà de la compréhension, c’est le changement concret de comportements et de modes de pensée qui permet la reconstruction.

Le programme Relation Toxique

Pour les personnes qui découvrent que l’infidélité s’inscrit dans un schéma relationnel plus large (manipulation, dépendance, perte de soi), le programme Relation Toxique propose un parcours structuré de 12 semaines. Il permet de comprendre les mécanismes toxiques, de se reconstruire individuellement et de poser les bases de relations plus saines.

La thérapie de couple

Pour les couples qui souhaitent tenter la reconstruction, la thérapie de couple offre un cadre sécurisé pour traverser les cinq étapes du protocole TCC décrit plus haut. Les séances sont disponibles en cabinet à Nantes ou en visioconférence.

Les formats de consultation

FormatDescriptionDurée
Consultation individuellePour la personne trompée ou la personne infidèle, en travail personnel1h
Thérapie de coupleLes deux partenaires ensemble, avec le protocole TCC1h15
Consultation en visioMême qualité d’accompagnement, accessibilité géographique élargie1h / 1h15
Suivi intensifPour les situations de crise aiguë (découverte récente)Rythme adapté

10. FAQ : les questions les plus fréquentes sur l’infidélité

« Est-ce que tous les infidèles recommencent ? »

Non. Les études longitudinales montrent que l’infidélité n’est pas un trait de caractère mais un comportement contextuel. Une personne qui a trompé dans un contexte précis (crise identitaire, insatisfaction non exprimée, opportunité combinée à une vulnérabilité) ne trompera pas nécessairement dans un autre contexte ou dans une autre relation.

Cependant, sans un travail de compréhension des motivations profondes, le risque de répétition est significativement plus élevé. La TCC permet d’identifier les « triggers » personnels et de développer des stratégies alternatives.

« Combien de temps faut-il pour se remettre d’une infidélité ? »

La recherche clinique et mon expérience de terrain convergent : 12 à 24 mois est une fourchette réaliste pour que l’intensité émotionnelle diminue significativement, que le couple ait choisi de rester ensemble ou de se séparer. Cela ne signifie pas que la douleur disparaît complètement — elle se transforme.

Avec un accompagnement structuré, le processus peut être accéléré et surtout orienté vers la croissance plutôt que vers la rumination. Se méfier des promesses de « guérison en 3 semaines » que l’on trouve parfois en ligne.

« Faut-il tout dire à son partenaire si on a été infidèle ? »

C’est l’une des questions les plus débattues en psychologie du couple. Il n’existe pas de réponse universelle. Ce qui est certain : le mensonge chronique détruit l’intimité. Si l’infidélité est terminée et ponctuelle, certains thérapeutes (dont Esther Perel) estiment que l’aveu peut parfois causer plus de dommage que le silence.

D’autres (dont Gottman) considèrent que le secret maintient une asymétrie qui empoisonne la relation. En pratique, je guide chaque personne vers la décision qui correspond à sa situation spécifique, en évaluant les conséquences probables de chaque option.

« L’infidélité émotionnelle est-elle aussi grave que l’infidélité sexuelle ? »

Selon les données IFOP 2025, 54 % des femmes considèrent l’infidélité émotionnelle comme plus grave que l’infidélité sexuelle, contre 29 % des hommes. En thérapie, je constate que l’infidélité émotionnelle cause souvent une blessure plus profonde et plus durable, car elle remet en question non pas la fidélité physique mais la connexion émotionnelle unique que le partenaire croyait avoir.

Le sentiment de remplacement affectif est particulièrement dévastateur. La gravité n’est cependant pas une compétition : toute forme d’infidélité, qu’elle soit physique, émotionnelle ou numérique, mérite d’être prise au sérieux si elle cause de la souffrance.

« Peut-on aimer quelqu’un et le/la tromper quand même ? »

Oui. C’est d’ailleurs l’une des réalités les plus difficiles à accepter pour la personne trompée. Esther Perel le formule clairement : l’infidélité n’est pas nécessairement le signe de la fin de l’amour. On peut tromper par besoin de validation, par crise identitaire, par peur de l’intimité, par addiction aux sensations fortes — tout en aimant profondément son partenaire.

Cette coexistence apparemment contradictoire s’explique par la neurobiologie : les circuits du désir, de l’attachement et de l’amour romantique fonctionnent de manière partiellement indépendante (Helen Fisher). Comprendre cela ne rend pas l’infidélité acceptable, mais permet de sortir du raisonnement binaire « il/elle m’a trompé(e), donc il/elle ne m’aime pas ».

« À partir de quand faut-il consulter un professionnel ? »

Idéalement, dès que la souffrance interfère avec le fonctionnement quotidien (sommeil perturbé, difficulté à travailler, ruminations envahissantes, crises d’angoisse). En pratique, de nombreuses personnes attendent des mois, voire des années, espérant que « le temps fera son oeuvre ».

Or, le temps seul ne restructure pas les schémas cognitifs ni ne répare les blessures d’attachement. Il anesthésie la douleur sans la résoudre. Si vous hésitez, un premier entretien (même seul(e), sans votre partenaire) permet d’évaluer la situation et de définir un plan d’action adapté.


Conclusion : l’infidélité comme révélateur, pas comme sentence

L’infidélité est l’une des expériences les plus douloureuses qu’un couple puisse traverser. Mais elle n’est pas nécessairement une fin. Pour certains couples, elle devient — paradoxalement — le point de départ d’une relation plus authentique, plus consciente, plus profonde. Pour d’autres, elle est le signal qu’il est temps de se séparer et de se reconstruire individuellement.

Dans les deux cas, ce qui fait la différence entre une blessure qui détruit et une blessure qui transforme, c’est la qualité de l’accompagnement et le courage d’affronter ce que l’infidélité révèle — sur soi, sur l’autre, et sur le couple.

Les données sont claires : avec 63 % des couples qui restent ensemble après une infidélité mais seulement 15 % qui retrouvent une satisfaction conjugale sans aide professionnelle, l’accompagnement n’est pas un luxe. C’est une nécessité.


Vous traversez une situation d’infidélité et vous avez besoin d’un espace pour comprendre, exprimer votre souffrance et trouver un chemin — quelle que soit la direction ?

Gildas Garrec, psychopraticien TCC a Nantes, vous accueille en cabinet ou en visioconference pour un premier entretien confidentiel et sans jugement.

Prendre rendez-vous pour une consultation


Sources et references :
IFOP (2025). Les Francais et l’infidelite. Enquete nationale.
Perel, E. (2017). The State of Affairs: Rethinking Infidelity. Harper.
Gottman, J. & Silver, N. (2012). What Makes Love Last? How to Build Trust and Avoid Betrayal.

Simon & Schuster.
Fisher, H. (2004). Why We Love: The Nature and Chemistry of Romantic Love. Henry Holt.
Young, J. E., Klosko, J. S., & Weishaar, M. E. (2003). Schema Therapy: A Practitioner’s Guide. Guilford Press.


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8 réflexions sur “Infidélité dans le couple : comprendre et reconstruire”

    1. Thomas, ravi que le contenu vous soit utile. N’hesitez pas a explorer les autres articles du blog, ils forment un ensemble coherent pour mieux comprendre vos mecanismes relationnels. Prenez soin de vous.

      Chaleureusement,
      Gildas

  1. On a reussi a surmonter l’infidelite avec ma femme. Ca a pris 2 ans de therapie de couple. C’est possible, mais c’est le travail le plus dur qu’on ait fait.

    1. Quel beau parcours Emilie. C’est exactement ce genre de retour qui donne du sens a mon travail. Vous avez fait le plus dur : passer a l’action. Le reste suivra naturellement.

      Chaleureusement,
      Gildas

  2. Les 5 etapes de reconstruction sont tres justes. Je suis actuellement entre la colere et la reconstruction. C’est un va-et-vient constant.

    1. Votre honnetete me touche Stephanie. Reconnaitre un schema chez soi demande du courage, et vous l’avez. Si vous sentez le besoin d’aller plus loin, n’hesitez pas a vous faire accompagner. Vous meritez de vivre des relations sereines.

      Chaleureusement,
      Gildas

    1. Merci a vous Elodie pour ce retour. Savoir que mes articles aident concretement les gens est ma plus grande motivation. Continuez a prendre soin de vous, vous etes sur la bonne voie.

      Chaleureusement,
      Gildas

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