Ai-je besoin dun psy ? 10 signes qui ne trompent pas - Psychologie et Serenite

Ai-je besoin d’un psy ? 10 signes qui ne trompent pas

Comment savoir si j’ai besoin d’un psy ? 10 signes qui ne trompent pas

« Est-ce que je devrais voir quelqu’un ? » Si vous vous posez cette question, c’est deja un premier signe d’intelligence emotionnelle. Reconnaitre que quelque chose ne va pas – ou simplement que ca pourrait aller mieux – demande du courage et de la lucidite.

Pourtant, beaucoup de personnes hesitent pendant des mois, parfois des annees, avant de consulter. Les raisons sont multiples : peur d’etre juge·e, impression que « ce n’est pas assez grave », croyance qu’on devrait s’en sortir seul·e, ou simplement ne pas savoir a quoi s’attendre.

Je suis Gildas Garrec, psychopraticien specialise en TCC a Nantes, et je vais vous presenter 10 signes concrets qui indiquent qu’un accompagnement professionnel pourrait vous etre utile. Aucun de ces signes ne constitue un diagnostic. Ils sont plutot des indicateurs, des signaux que votre esprit et votre corps vous envoient.

Signe n°1 : Vos emotions vous debordent regulierement

Tout le monde vit des emotions intenses. C’est normal et sain. Ce qui merite attention, c’est quand ces emotions deviennent envahissantes et repetitives :

  • Vous pleurez frequemment sans raison apparente.
  • Des acces de colere disproportionnes par rapport a la situation.
  • Une anxiete qui ne vous lache pas, meme dans des moments objectivement calmes.
  • Un sentiment de tristesse persistant qui colore toutes vos journees.

Le probleme n’est pas de ressentir des emotions fortes. C’est quand elles prennent le controle et que vous avez l’impression de subir plutot que de vivre.

Selon une etude de l’INSERM (2019), environ 1 adulte francais sur 5 presentera un trouble anxieux au cours de sa vie. Si l’anxiete est votre quotidien, vous n’etes ni faible ni seul·e – et il existe des outils concrets pour la gerer.

Signe n°2 : Votre sommeil est durablement perturbe

Le sommeil est souvent le premier indicateur que quelque chose se joue au niveau psychologique. Les signaux d’alerte :

  • Difficultes a vous endormir malgre la fatigue (plus de 30 minutes regulierement).
  • Reveils nocturnes avec impossibilite de se rendormir.
  • Sommeil non reparateur : vous dormez vos heures mais vous vous reveillez epuise·e.
  • Cauchemars recurrents.
  • Hypersomnolence : besoin de dormir excessivement sans jamais se sentir repose·e.

Les troubles du sommeil touchent environ 30 % de la population francaise selon l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance (2020). Quand ils durent plus de trois semaines, une evaluation professionnelle est recommandee.

Les TCC de l’insomnie (TCC-I) sont d’ailleurs reconnues comme le traitement de premiere intention par la Haute Autorite de Sante, avant meme les somniferes.

Signe n°3 : Vous evitez de plus en plus de situations

L’evitement est un mecanisme de protection naturel. Mais quand il s’installe durablement, il retrecit votre vie :

  • Vous declinez des invitations sociales de plus en plus souvent.
  • Vous repoussez des decisions importantes (professionnelles, sentimentales, administratives).
  • Vous evitez certains lieux, certaines personnes ou certains sujets de conversation.
  • Vous remettez a plus tard les choses qui vous font peur, meme quand elles sont importantes pour vous.

Ce cercle d’evitement est au coeur de nombreux troubles anxieux. Plus on evite, plus la peur se renforce, et plus on evite. C’est precisement ce mecanisme que les therapies comportementales et cognitives permettent de desamorcer, en vous accompagnant pas a pas.

Signe n°4 : Vos relations se degradent

Les difficultes psychologiques se repercutent presque toujours sur les relations :

  • Conflits repetitifs avec votre partenaire, toujours sur les memes sujets.
  • Isolement progressif : vous vous eloignez de vos ami·e·s ou de votre famille.
  • Sensation de ne pas etre compris·e, meme par vos proches.
  • Dependance excessive a l’autre ou, au contraire, incapacite a vous attacher.
  • Difficulte a poser vos limites ou a exprimer vos besoins.

Si vos relations sont une source constante de souffrance plutot que de soutien, un travail therapeutique peut vous aider a comprendre vos schemas relationnels et a developper des interactions plus satisfaisantes.

Signe n°5 : Vous ressentez un mal-etre physique inexplique

Le corps et l’esprit sont etroitement lies. Quand le psychisme souffre, le corps parle souvent a sa place :

  • Douleurs chroniques (dos, ventre, tete) sans cause medicale identifiee.
  • Tensions musculaires persistantes, notamment dans la nuque et les epaules.
  • Troubles digestifs recurrents (syndrome de l’intestin irritable, nausees).
  • Fatigue chronique que le repos ne soulage pas.
  • Oppression thoracique, sensation d’etouffement.

Ces symptomes psychosomatiques sont tres frequents. Selon une etude publiee dans Psychosomatic Medicine (Henningsen et al., 2018), environ 25 a 30 % des consultations en medecine generale concernent des symptomes sans explication organique claire.

Bien entendu, la premiere etape est toujours de consulter un medecin pour ecarter une cause physique. Mais si les examens sont normaux et que les symptomes persistent, un accompagnement psychologique est souvent la cle.

Signe n°6 : Vous pensez en boucle sans trouver de solution

Les ruminations mentales sont l’un des signes les plus courants de detresse psychologique :

  • Vous rejouez sans cesse les memes scenes dans votre tete.
  • Vous analysez chaque situation sous tous les angles sans parvenir a une conclusion.
  • Les « et si… » occupent une grande partie de vos pensees.
  • Vous avez du mal a prendre des decisions, meme simples.
  • Vos pensees negatives semblent tourner en boucle, comme un disque raye.

Les ruminations sont un facteur de maintien majeur de la depression et de l’anxiete. Les TCC proposent des techniques specifiques pour interrompre ces boucles de pensee et reprendre le controle de votre activite mentale. La foire aux questions aborde plusieurs de ces mecanismes.

Signe n°7 : Vous avez du mal a fonctionner au quotidien

Quand les difficultes psychologiques impactent votre fonctionnement quotidien, c’est un signal fort :

  • Baisse notable de votre productivite au travail ou dans vos etudes.
  • Difficulte a accomplir les taches de base (courses, menage, cuisine).
  • Procrastination systematique, meme sur des choses que vous aimez faire.
  • Perte d’interet pour des activites qui vous plaisaient avant (ce qu’on appelle l’anhedonie).
  • Impression de « fonctionner en mode automatique » sans vraiment vivre.

Cette perte de motivation et d’energie n’est pas de la paresse. C’est souvent le signe que vos ressources psychologiques sont epuisees et qu’il est temps de les recharger avec l’aide d’un·e professionnel·le.

Signe n°8 : Vous utilisez des strategies d’evitement problematiques

Face a la souffrance, nous developpons tous et toutes des strategies pour tenir le coup. Certaines sont saines (faire du sport, parler a un·e ami·e), d’autres deviennent problematiques :

  • Consommation accrue d’alcool pour « decompresser » ou « oublier ».
  • Usage excessif des ecrans (reseaux sociaux, series, jeux video) pour s’anesthesier.
  • Achats compulsifs qui procurent un soulagement temporaire.
  • Alimentation emotionnelle (manger trop ou pas assez en reaction au stress).
  • Travail excessif (workaholisme) comme echappatoire.

Ces comportements ne sont pas des « faiblesses de caractere ». Ce sont des tentatives pour gerer une souffrance qui n’a pas trouve d’autre issue. Un accompagnement therapeutique permet de comprendre ce que ces comportements compensent et de developper des strategies plus durables.

Signe n°9 : Un evenement difficile continue de vous affecter

Certains evenements laissent des traces durables :

  • Un deuil qui ne s’apaise pas avec le temps.
  • Une rupture dont vous n’arrivez pas a vous remettre.
  • Un accident, une agression ou un evenement traumatisant qui revient en flashbacks.
  • Un licenciement ou un echec professionnel qui a ebranle votre confiance.
  • Une enfance difficile dont les consequences se manifestent encore aujourd’hui.

Il n’y a pas de « duree normale » pour traverser une epreuve. Mais si un evenement continue de vous envahir apres plusieurs mois, si vous avez l’impression d’etre « bloque·e » dans votre processus de reconstruction, c’est le signe qu’un soutien professionnel pourrait vous aider a avancer.

Les programmes d’accompagnement que je propose sont justement conçus pour travailler en profondeur sur ces problematiques.

Signe n°10 : Vous sentez que quelque chose doit changer

Parfois, il n’y a pas de crise aigue, pas de symptome spectaculaire. Il y a simplement cette sensation diffuse :

  • « Je ne suis pas heureux·se, mais je ne sais pas pourquoi. »
  • « Je sais que je pourrais vivre mieux. »
  • « J’ai l’impression de passer a cote de ma vie. »
  • « Je reproduis toujours les memes erreurs. »
  • « Je voudrais mieux me connaitre. »

Ce ressenti est tout aussi valable qu’un symptome precis. Consulter un·e professionnel·le ne se fait pas uniquement quand on est au fond du gouffre. C’est aussi un acte de prevention et de developpement personnel. Beaucoup de mes patient·e·s viennent non pas parce qu’ils ou elles vont mal, mais parce qu’ils ou elles veulent aller mieux.

Combien de signes faut-il reconnaitre ?

Il n’y a pas de score minimum. Un seul de ces signes, s’il est persistant et qu’il affecte votre qualite de vie, justifie de consulter. Vous n’avez pas besoin de « meriter » de l’aide. Vous n’avez pas besoin que ce soit « assez grave ».

Pour reprendre les mots de la psychologue americaine Lori Gottlieb, autrice de Maybe You Should Talk to Someone : « Vous n’avez pas besoin d’avoir un trouble diagnosticable pour beneficier d’une therapie. Vous avez juste besoin d’etre humain·e. »

Les freins les plus courants (et pourquoi les depasser)

« Je devrais m’en sortir seul·e »

Demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse. C’est une competence. Personne ne reprocherait a un·e athlete de consulter un·e coach ou a un·e musicien·ne de prendre des cours. La sante mentale merite le meme investissement.

« Ca coute trop cher »

Le cout est une preoccupation legitime. Cependant, de nombreuses mutuelles remboursent desormais les seances chez un psychopraticien (entre 3 et 10 seances par an pour la plupart). Et l’investissement dans votre bien-etre a des repercussions positives sur tous les domaines de votre vie : travail, relations, sante physique. Consultez les tarifs pour plus de details.

« Je ne sais pas a qui m’adresser »

C’est un frein frequent. La premiere etape est simple : prenez un premier rendez-vous. Cette seance initiale permet de faire connaissance, d’evaluer vos besoins et de voir si le courant passe. Si ce n’est pas le bon praticien ou la bonne praticienne pour vous, il ou elle pourra vous orienter.

« J’ai peur de ce que je pourrais decouvrir »

Cette peur est comprehensible. La therapie peut remuer des choses difficiles. Mais elle se fait a votre rythme, dans un cadre securisant, et vous restez toujours maitre ou maitresse du processus. Un·e bon·ne praticien·ne ne vous poussera jamais au-dela de ce que vous etes pret·e a explorer.

Que se passe-t-il lors d’une premiere seance ?

Si vous n’avez jamais consulte, voici a quoi vous attendre :

  1. Accueil : le ou la praticien·ne vous met a l’aise et vous explique le cadre (confidentialite, duree, methode).
  2. Ecoute de votre demande : qu’est-ce qui vous amene ? Quelles sont vos attentes ?
  3. Exploration : quelques questions pour mieux comprendre votre situation actuelle et votre histoire.
  4. Premiers elements : le ou la praticien·ne peut deja vous donner un eclairage sur ce qui se joue et vous proposer un cadre de suivi.
  5. Decision : vous decidez si vous souhaitez poursuivre. Il n’y a aucune obligation.

La premiere seance est un moment d’echange, pas un examen. Vous n’avez rien a preparer de special, sinon votre ouverture et votre honnetete.

Conclusion

Se poser la question « ai-je besoin d’un psy ? » est deja une demarche positive. Cela signifie que vous etes attentif·ve a vous-meme et que vous prenez votre bien-etre au serieux.

Aucun des signes presentes ici ne constitue un diagnostic. Ils sont des reperes pour vous aider a evaluer si un accompagnement professionnel pourrait enrichir votre vie. Et il n’y a pas de « bon moment » pour consulter, si ce n’est celui ou vous sentez que vous en avez besoin.

Si vous vous reconnaissez dans un ou plusieurs de ces signes, je vous invite a prendre contact pour un premier echange. Cette demarche n’engage a rien, et elle pourrait etre le debut d’un changement important.


A retenir :

  • Consulter un·e professionnel·le n’est pas reserve aux crises graves. Un mal-etre diffus ou un desir de changement sont des raisons tout a fait valables.
  • Les 10 signes principaux : emotions debordantes, sommeil perturbe, evitement, relations degradees, symptomes physiques inexpliques, ruminations, difficultes a fonctionner, strategies d’evitement problematiques, evenement non digere, sensation que quelque chose doit changer.
  • Il n’y a pas de « score minimum » : un seul signe persistant suffit pour envisager un accompagnement.
  • La premiere seance est un echange sans engagement. Vous avez le droit de tester et de choisir le ou la praticien·ne qui vous convient.
  • Demander de l’aide est un acte de courage, pas de faiblesse.

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10 réflexions sur “Ai-je besoin d’un psy ? 10 signes qui ne trompent pas”

    1. Pierre, merci de relayer. Souvent, on n’ose pas consulter directement, mais lire un article peut etre le premier pas. Votre geste compte plus que vous ne le pensez.

      Chaleureusement,
      Gildas

    1. Merci de me lire David. Chaque commentaire me rappelle pourquoi j’ai cree ce blog : aider les gens a mieux se comprendre et a vivre des relations plus sereines. Au plaisir de vous relire.

      Chaleureusement,
      Gildas

    1. Merci Laura. Votre commentaire me motive a continuer. Si un sujet vous interesse particulierement, dites-le moi, j’en ferai peut-etre un prochain article. A bientot sur le blog.

      Chaleureusement,
      Gildas

    1. Merci Lea, vos mots comptent. Mon ambition est de democratiser les outils de la TCC pour qu’ils ne restent pas confines aux cabinets de psy. Heureux que ca vous soit utile.

      Chaleureusement,
      Gildas

    1. Merci Emilie, vos mots comptent. Mon ambition est de democratiser les outils de la TCC pour qu’ils ne restent pas confines aux cabinets de psy. Heureux que ca vous soit utile.

      Chaleureusement,
      Gildas

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