Anxiété relationnelle : comprendre et surmonter la peur de perdre l’autre

Gildas GarrecPsychopraticien TCC
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Votre cœur s’emballe chaque fois que votre partenaire ne répond pas à un message dans les minutes qui suivent. Vous scrutez ses moindres changements d’humeur, convaincus qu’ils annoncent la fin de votre relation. Cette peur lancinante de perdre l’autre porte un nom : l’anxiété relationnelle. Elle touche environ 20 % des adultes en couple et constitue l’une des premières causes de souffrance dans les relations amoureuses.

Qu’est-ce que l’anxiété relationnelle ?



L’anxiété relationnelle se définit comme une préoccupation excessive et persistante concernant la solidité de sa relation amoureuse. Contrairement à une inquiétude passagère — tout le monde doute parfois —, elle s’installe dans la durée et colore l’ensemble de la vie quotidienne.

Les travaux de Bowlby (1969) sur la théorie de l’attachement éclairent ce phénomène : notre façon de nous lier à nos partenaires adultes reproduit en grande partie les schémas construits dans l’enfance avec nos figures d’attachement principales. Lorsque ces premières expériences ont été marquées par l’imprévisibilité ou le manque de disponibilité émotionnelle, le système d’attachement reste en état d’alerte permanent.

Les manifestations concrètes



L’anxiété relationnelle se manifeste de multiples façons :

  • Hypervigilance : vous analysez chaque mot, chaque ton de voix, chaque délai de réponse

  • Besoin de réassurance constant : « Tu m’aimes encore ? », « Tout va bien entre nous ? »

  • Scénarios catastrophe : imaginer la rupture à la moindre dispute

  • Comportements de contrôle : vérifier le téléphone, questionner sur les sorties

  • Symptômes physiques : nœud à l’estomac, insomnie, tension musculaire


Marie, 34 ans, raconte : « Quand mon compagnon sortait avec ses amis, je passais la soirée à guetter mon téléphone. S’il ne répondait pas dans l’heure, j’étais persuadée qu’il avait rencontré quelqu’un d’autre. Le lendemain, j’avais honte de mes réactions, mais je ne pouvais pas m’empêcher de recommencer. »

Les racines profondes de la peur de perdre l’autre



Le rôle de l’attachement anxieux



Les recherches de Hazan et Shaver (1987) ont montré que les adultes présentant un style d’attachement anxieux vivent leurs relations dans un état de vigilance émotionnelle accrue. Leur système d’alerte interne est calibré pour détecter le moindre signe de rejet ou d’abandon.

Ce fonctionnement n’est pas un choix : il résulte d’expériences précoces où l’amour et la sécurité étaient disponibles de façon intermittente. L’enfant a appris que pour maintenir le lien, il devait amplifier ses signaux de détresse.

Les schémas précoces inadaptés



Jeffrey Young identifie dans sa thérapie des schémas plusieurs schémas directement liés à l’anxiété relationnelle :

  • Le schéma d’abandon : la conviction que les personnes importantes vont inévitablement partir

  • Le schéma de carence affective : le sentiment que ses besoins émotionnels ne seront jamais satisfaits

  • Le schéma de dépendance : l’impression de ne pas pouvoir fonctionner seul


Ces schémas agissent comme des filtres qui déforment la perception de la réalité relationnelle.

Le cercle vicieux de l’anxiété



L’anxiété relationnelle crée un paradoxe cruel : les comportements destinés à protéger la relation finissent par la fragiliser. La demande excessive de réassurance épuise le partenaire. Le contrôle étouffe l’intimité. La jalousie crée de la distance. Et cette distance confirme la peur initiale, renforçant le cycle.

Les pensées automatiques qui alimentent l’anxiété



Aaron Beck, fondateur de la TCC, a montré que nos émotions sont directement influencées par nos pensées automatiques. Dans l’anxiété relationnelle, certaines distorsions cognitives sont particulièrement fréquentes :

  • La lecture de pensée : « Il est distant, donc il ne m’aime plus »

  • La catastrophisation : « Cette dispute signifie que c’est la fin »

  • Le raisonnement émotionnel : « Je me sens en danger, donc mon couple est en danger »

  • La généralisation excessive : « Mon ex m’a quitté, donc tout le monde finira par me quitter »

  • Le filtre mental : ne retenir que le seul moment négatif d’une journée entière


En consultation, j’observe que ces pensées sont souvent vécues comme des faits indiscutables, alors qu’elles ne sont que des interprétations colorées par l’anxiété.

5 techniques TCC pour surmonter l’anxiété relationnelle



1. Le registre de pensées



Tenez un carnet où vous notez : la situation déclencheuse, la pensée automatique, l’émotion ressentie (et son intensité de 0 à 10), puis une pensée alternative plus équilibrée.

Exemple :

  • Situation : il ne rappelle pas après 2 heures

  • Pensée : « Il s’en fiche de moi »

  • Émotion : anxiété 8/10

  • Alternative : « Il est probablement occupé. Quand il est disponible, il rappelle toujours. »

  • Émotion après : anxiété 4/10


2. L’exposition graduée



Identifiez vos comportements de sécurité (vérifier le téléphone, demander de la réassurance) et réduisez-les progressivement. Commencez par de petits défis : attendre 30 minutes avant de renvoyer un message, puis une heure, puis deux heures.

3. La défusion cognitive



Apprenez à observer vos pensées sans vous y identifier : « Je remarque que j’ai la pensée que mon couple est en danger » plutôt que « Mon couple est en danger ». Cette prise de distance réduit l’emprise émotionnelle des pensées anxieuses.

4. La tolérance à l’incertitude



L’anxiété relationnelle est fondamentalement une intolérance à l’incertitude. Aucune relation ne peut offrir une garantie absolue. Le travail thérapeutique consiste à apprendre à vivre avec une part d’inconnu, non pas en la niant, mais en l’acceptant.

Exercice : identifiez les domaines de votre vie où vous tolérez l’incertitude sans difficulté (conduire, traverser la rue). Que se passe-t-il si vous transférez cette même tolérance à votre relation ?

5. Le renforcement de l’estime de soi



L’anxiété relationnelle repose souvent sur la croyance implicite : « Je ne suis pas assez bien pour être aimé durablement. » Travailler sur l’estime de soi — en identifiant ses forces, en validant ses propres besoins — réduit la dépendance à la validation externe.

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Quand l’anxiété relationnelle nécessite un accompagnement professionnel



Si malgré vos efforts, l’anxiété continue à envahir votre quotidien, un accompagnement en TCC peut faire une différence significative. La recherche montre que 12 à 16 séances de TCC réduisent les symptômes d’anxiété de 60 à 80 % chez la majorité des patients (Hofmann et al., 2012).

Un psychopraticien formé en TCC vous aidera à :

  • Identifier vos schémas relationnels profonds

  • Déconstruire les croyances dysfonctionnelles

  • Développer de nouvelles stratégies de régulation émotionnelle

  • Expérimenter de nouvelles façons d’être en relation


Conclusion



L’anxiété relationnelle n’est pas une fatalité. Elle est le reflet de blessures anciennes qui cherchent à se faire entendre. En comprenant ses mécanismes et en appliquant les outils de la TCC, il est possible de transformer cette peur chronique en une présence plus sereine à la relation. Le premier pas consiste à reconnaître que cette anxiété vous appartient — elle parle de votre histoire, pas de la qualité de votre couple.

Gildas Garrec, psychopraticien TCC

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