Tests psyMieux se comprendreScanMyLoveDécryptez votre relationScanMyJobY voir clair au travail

Entretien annuel ou entretien professionnel : deux rendez-vous, deux finalités, deux préparations


Il y a une phrase qu'on entend chaque année dans des milliers d'entreprises : « on fera l'entretien professionnel en même temps, ça évitera de se revoir ». Elle part d'une bonne intention — le temps de chacun — et elle produit un résultat prévisible : un seul des deux sujets est traité, et c'est toujours le même.

Deux rendez-vous, deux directions

La différence tient en un mot : la direction du regard.

Entretien annuel d'évaluationEntretien professionnel
Regardel'année écouléeles années à venir
Porte surla performance dans le poste tenule parcours, les compétences, la qualification
Question centraleles objectifs ont-ils été atteints, et commentoù allez-vous, et de quoi avez-vous besoin pour y aller
Interlocuteur typele manager directle manager, parfois un interlocuteur RH
Ce qui en sortune appréciation, des objectifs, parfois une décision de rémunérationun projet, des besoins de formation, des étapes
Ce qu'on y préparedes résultats datés et prouvésun cap, des compétences, des demandes de développement

Ce ne sont pas deux versions du même exercice. Ce sont deux conversations dont l'une évalue et l'autre projette — et il est difficile de faire les deux avec la même personne dans la même heure, parce que la posture n'est pas la même.

Pourquoi les mélanger dessert le salarié

Le bilan mange le projet, jamais l'inverse. Quand les deux sont tenus ensemble, l'ordre est toujours le même : on commence par l'année écoulée. Ce sujet est plus concret, plus documenté, plus urgent — et il occupe cinquante minutes sur soixante. Les dix qui restent produisent une ligne dans une case « souhaits d'évolution ». Une évaluation moyenne enterre un projet. Si le bilan a été tiède, personne n'enchaîne sereinement sur « et dans trois ans ? ». Le sujet du parcours arrive dans un climat où il est reçu comme une échappatoire, alors qu'il n'a rien à voir : quelqu'un peut avoir une année en dessous des attentes dans son poste et un projet professionnel parfaitement solide. La confusion des registres change ce qu'on ose demander. Dans un entretien d'évaluation, on ne dit pas facilement qu'on souhaite changer de métier — on craint que cela soit lu comme un désengagement. Dans un entretien qui a explicitement pour objet le parcours, la même phrase est à sa place. Le cadre décide de ce qui est disable, et c'est la raison la plus solide de ne pas les mélanger. Ce qui en reste par écrit n'est pas de même nature. Un compte rendu d'évaluation qui mentionne en une ligne un souhait de mobilité ne produit rien. Un document distinct, qui recense des besoins et des étapes, se transporte — il est relu, il ressort, il sert d'appui.

L'entretien annuel d'évaluation : ce qu'on y prépare

Le regard est rétrospectif, et la matière est faite de faits datés. La préparation fait l'objet d'un article complet ; l'essentiel tient en quatre éléments.

Découvrez votre profil psychologique

202 tests validés. Répondez à 60 questions, résultat immédiat, rapport PDF complet dès 4,99 €.

Faire un test →

Analysez vos conversations de couple

Importez une conversation et obtenez une analyse de la dynamique de votre relation.

Analyser
La chronologie réelle de l'année, mois par mois, reconstituée à partir de l'agenda et des échanges plutôt que de la mémoire — qui retient les trois derniers mois et efface le premier semestre. Les résultats avec leur preuve : cinq à huit lignes, chacune avec un chiffre, une date et une trace. Les écarts et leur cause, en distinguant ce qui relève de vous et ce qui n'en relève pas — les nommer le premier change complètement l'équilibre de l'échange. Les engagements pris par l'entreprise l'an dernier, et ce qu'il en est advenu. C'est le point le plus systématiquement oublié, et c'est précisément celui qui pèse sur l'engagement à long terme.

Cette matière existe, datée, dans les échanges professionnels de l'année. C'est ce que ScanMyJob permet de remettre en série — les demandes reçues, les délais, les alertes, les périodes de charge — sans rien y ajouter.

L'entretien professionnel : ce qu'on y prépare

Le regard est prospectif, et la matière n'est pas la même. Quatre éléments également.

Un cap, même provisoire. Pas nécessairement un métier ni un titre : une direction. « Je veux aller vers le pilotage de projets plutôt que vers l'expertise technique » suffit à orienter toute la conversation. Arriver sans cap revient à laisser l'organisation en proposer un, ou plus souvent aucun. L'inventaire de ce que vous savez faire. Non pas votre fiche de poste, mais ce qui a été réellement acquis : outils, méthodes, langues, encadrement, gestion de dossiers sensibles, relation client. Beaucoup de compétences acquises en dehors du périmètre officiel n'apparaissent nulle part, et elles disparaissent avec le poste. Les écarts entre ce cap et ce que vous savez faire, et ce qui les comblerait — une formation, une expérience, un dossier à porter, un remplacement, un accompagnement. Deux ou trois demandes concrètes et échelonnées. « Une formation sur X d'ici juin », « prendre le volet Y au prochain cycle », « être associé au comité Z ». Une demande qui a une échéance se traite ; un souhait général se range. Ce qui doit en sortir : un document qui recense la discussion et, idéalement, une échéance de revue. Un entretien de parcours sans trace écrite n'a pas eu lieu — c'est le seul type de rendez-vous où l'écrit est réellement l'objet et pas la formalité.

Comment savoir lequel on est en train de vivre

Il arrive régulièrement que personne ne l'annonce. Trois signes suffisent à trancher.

La trame. Un formulaire qui commence par des objectifs et des niveaux d'atteinte est un exercice d'évaluation. Un document qui commence par le parcours, les formations suivies et les souhaits d'évolution est un exercice de parcours. La question d'ouverture. « Comment avez-vous vécu l'année écoulée ? » regarde en arrière. « Où vous voyez-vous dans trois ans ? » regarde en avant. La présence ou l'absence d'un enjeu immédiat. Si la rémunération, la note ou la promotion sont sur la table, vous êtes dans une évaluation, quel que soit l'intitulé. Et si vous n'êtes pas sûr, demandez-le avant — par écrit, en une ligne. La réponse détermine ce que vous préparez, et une préparation faite pour le mauvais exercice ne sert à rien.

Quand les deux sont tenus ensemble

C'est fréquent. Trois choses rendent la situation praticable.

Demander la séparation explicite des séquences, au début. « Est-ce qu'on peut faire le bilan de l'année d'abord, et prendre vingt minutes à la fin pour le parcours ? » Cette phrase coûte cinq secondes et change complètement ce qui se passera : elle réserve du temps à un sujet qui, sans elle, n'en aura pas. Apporter deux documents, pas un. Une page pour l'année écoulée, une page pour le parcours. Le fait matériel de sortir un second document oblige à ouvrir le second sujet. Vérifier ce qui est écrit à la fin. Si un seul compte rendu est produit et qu'il ne comporte rien sur le parcours, dites-le sur place — c'est le seul moment où c'est simple. Une demande de complément formulée trois semaines plus tard passe pour une contestation.

Sur ce qui est obligatoire, et à qui poser la question

Beaucoup de recherches sur ce sujet portent en réalité sur une question de cadre : ces entretiens sont-ils obligatoires, à quelle fréquence, avec quelles formalités, que se passe-t-il s'ils n'ont pas lieu, faut-il signer.

Ces questions ne se règlent pas en ligne, et cet article n'y répond pas. Elles dépendent d'un texte, parfois d'un accord de branche ou d'entreprise, et de leur interprétation. Les interlocuteurs qui peuvent y répondre sont le service RH, un représentant du personnel — c'est leur mandat et ils sont formés pour cela —, l'inspection du travail, et le cas échéant un avocat. C'est également à eux que se pose la question de ce qu'il advient d'un entretien qui n'a pas été tenu, ou d'un document non transmis.

Ce que cet article soutient est d'un autre ordre : quel que soit le cadre applicable, les deux rendez-vous poursuivent des buts différents, et les préparer de la même façon revient à n'en préparer aucun.

Les tests de la plateforme permettent de faire le point sur ce qui oriente vos choix professionnels — c'est la matière même de l'entretien de parcours, et elle est rarement formulée avant qu'on ne la demande. L'assistant peut aider à mettre en forme un cap ou une demande de développement.

Trois choses que cet article ne fait pas

Il ne dit pas ce que la loi impose. Il dit à qui poser la question, et pourquoi elle ne se tranche pas ici. Il ne promet aucun résultat. Un entretien de parcours bien préparé produit une trace et parfois une décision ; il ne crée pas un poste. Il ne décrit personne. Il porte sur deux formats de rendez-vous et sur ce qu'on y apporte.
En bref : Deux rendez-vous distincts coexistent dans la vie professionnelle, et ils sont si régulièrement confondus qu'ils sont parfois tenus dans la même heure, avec la même trame : l'entretien annuel d'évaluation, qui regarde en arrière et porte sur la performance dans le poste, et l'entretien professionnel, qui regarde en avant et porte sur le parcours — compétences, qualifications, évolution, formation. Cet article explique pourquoi cette confusion n'est pas anodine et pourquoi elle dessert surtout le salarié : mélangés, les deux sujets se contaminent, le bilan de l'année écrase le projet à trois ans, et l'on ressort avec une note et sans plan. Il détaille pour chacun ce qu'il vise, ce qu'on y prépare, ce qui doit en sortir, puis donne les trois signes qui permettent de savoir lequel on est en train de vivre lorsque personne ne l'a annoncé. Il propose enfin la conduite à tenir quand les deux sont tenus ensemble — séparer explicitement les deux séquences, quitte à demander vingt minutes supplémentaires — et rappelle que tout ce qui concerne le caractère obligatoire, la périodicité et les formalités relève du service RH, des représentants du personnel ou de l'inspection du travail, jamais d'un article de blog.
Gildas Garrec, Psychopraticien TCC

A propos de l'auteur

Gildas Garrec · Psychopraticien TCC

Psychopraticien certifie en therapies cognitivo-comportementales (TCC), auteur de 16 ouvrages sur la psychologie appliquee et les relations. Plus de 1000 articles cliniques publies sur Psychologie et Serenite.

Cet article vous a-t-il été utile ?

Rejoignez notre communauté d’échange sur WhatsApp

Rejoindre la Communauté (sur liste d’attente)

Besoin d’un accompagnement personnalisé ?

Séances en visioséance (90€ / 75 min) ou en cabinet à Nantes.

Prendre RDV en visioséance
WhatsApp
Messenger
Instagram