Infidélité : combien de couples restent ensemble (étude 2026)
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De nombreux couples restent ensemble après la découverte d'une infidélité, selon le programme clinique développé par Snyder, Baucom et Gordon (2007). Un travail thérapeutique structuré (TCC + protocole Gottman de réparation de la trahison) améliore sensiblement les chances de reconstruction durable.
De nombreux couples décident de rester ensemble après une infidélité. Un travail thérapeutique structuré augmente significativement les chances de reconstruire une relation satisfaisante. Ce processus de reconstruction, structuré en 5 étapes et inspiré de la pratique clinique, transforme la crise en opportunité de croissance relationnelle.
Vous venez de découvrir l’infidélité de votre partenaire. Ou bien vous êtes la personne qui a trompe, et vous cherchez un moyen de réparer ce qui semble irrémédiablement brise. Dans les deux cas, vous vous posez probablement la même question : est-ce que c’est réparable ?
Voici un premier repère, issu du programme clinique développé par Snyder, Baucom et Gordon (2007) : de nombreux couples restent ensemble après la découverte d’une infidélité.
Ce constat ne dit pas que c’est facile. Il ne dit pas que c’est toujours la bonne décision. Mais il dit que c’est possible — et que vous n’êtes pas seul(e) a tenter cette reconstruction.
En revanche, rester ensemble sans faire de travail en profondeur n’est pas une solution. Sans accompagnement, beaucoup de couples qui restent ensemble le font dans un climat de méfiance, de rancune ou d’indifférence qui les épuisé a petit feu — plutôt que dans une reconstruction réelle de la satisfaction relationnelle.
Je suis Gildas Garrec, psychopraticien spécialisé en TCC a Nantes, et j’accompagne régulièrement des couples dans ce processus de reconstruction. Cet article propose un protocole en 5 étapes, inspire des travaux de John Gottman sur la réparation après trahison et adapté aux outils de la thérapie comportementale et cognitive.
Combien de couples restent ensemble après une infidélité ?
Ce n'est pas facile, mais c'est possible — et l'aide professionnelle augmente sensiblement les chances de reconstruire une relation réellement satisfaisante, pas seulement survivante.
Avant de commencer : est-ce le bon moment ?
La reconstruction ne peut pas commencer tant que certains préalables ne sont pas réunis :
La liaison doit être terminée. Pas « en pause », pas « on se parle encore en amis ». Terminée. Toute ambiguïté à ce stade rend le processus impossible. La personne infidèle doit assumer la responsabilité de ses actes. Pas d’excuses du type « c’est arrivé tout seul », « c’est à cause de toi », « ça ne comptait pas ». La reconnaissance sincère est le fondement de tout ce qui suit (nous y reviendrons dans l’article sur les conditions du pardon). La personne trompée doit être prête à entendre, même si elle souffre. Pas prête à pardonner — c’est beaucoup trop tôt. Prête a écouter. Ce n’est pas la même chose.Si ces trois conditions ne sont pas reunies, un travail individuel est nécessaire avant le travail de couple. Le trauma de la trahison peut nécessiter un accompagnement spécifique avant toute tentative de reconstruction.
Étape 1 : L’expiation — traverser la crise ensemble
Ce qui se passe
Les premières semaines après la découverte sont chaotiques. La personne trompée oscille entre rage, désespoir, besoin de détails et incapacité a entendre ces détails. La personne infidèle oscille entre culpabilité, soulagement que le secret soit leve, et parfois agacement face aux questions répétitives.
John Gottman appelle cette phase l’expiation (atonement). Ce n’est pas une punition — c’est un processus nécessaire où la personne infidèle doit montrer, par ses actes et pas seulement par ses mots, qu’elle comprend l’ampleur des dégâts causes.
Ce que dit la TCC
En thérapie comportementale et cognitive, cette phase correspond à la psycho-éducation : comprendre ce qui se passe neurologiquement et émotionnellement pour cesser de se sentir « fou » ou « folle ». Le cerveau de la personne trompée est en mode survie : hypervigilance, ruminations, flashbacks. C’est une réaction normale à un événement anormal.
Exercices concrets
Pour la personne trompée :** – Le journal de pensées automatiques. Quand une vague d’angoisse ou de colère survient, notez : la situation déclenchante, la pensée automatique (« il/elle va recommencer », « je suis stupide de rester »), l’émotion ressentie (0-10), puis une pensée alternative plus nuancée.–**
**La technique du « stop ». Quand les ruminations obsessionnelles commencent, utilisez un signal mental (« stop ») suivi d’une activité de recentrage (respiration 4-7-8, promenade, appel à un proche). Pour la personne infidèle :– La transparence radicale. Pendant cette phase, acceptez de répondre aux questions, même répétitives. Donnez accès a votre téléphone si votre partenaire le demande. Ce n’est pas une surveillance définitive —**
**c’est un pansement temporaire sur une blessure ouverte.
– L’écoute sans défense. Quand votre partenaire exprime sa douleur, resistez a l’envie de vous justifier, minimiser, ou contre-attaquer. Écoutez. Validez. Répètez ce que vous entendez.
Durée estimée : 2 a 8 semaines, selon l’intensité du choc initial.Étape 2 : L’harmonisation — comprendre ce qui s’est passe
Ce qui se passe
Une fois la phase aiguë traversée, arrive le moment le plus délicat : comprendre le « pourquoi » sans tomber dans la justification. La personne trompée a besoin de donner un sens à ce qui s’est passe. La personne infidèle doit être capable d’identifier et d’exprimer ses motivations réelles (voir l’article Pourquoi on trompe : les 6 raisons psychologiques).
Gottman appelle cette phase l’harmonisation (attunement) : le couple doit apprendre — ou réapprendre — a se parler vraiment, au-delà des reproches et des excuses.
Ce que dit la TCC
La TCC identifié ici les distorsions cognitives qui empêchent la compréhension mutuelle :
Chez la personne trompée :
– Généralisation abusive : « Tu as toujours été un menteur / une menteuse »
– Lecture de pensée : « Tu n’as jamais vraiment m’aime(e) »
– Catastrophisation : « Plus jamais je ne pourrai faire confiance a qui que ce soit »
Chez la personne infidèle :
– Minimisation : « Ce n’était qu’une fois, ça ne comptait pas »
– Externalisation : « Si tu avais été plus présent(e), ça ne serait pas arrive »
– Raisonnement émotionnel : « Je me sens coupable, donc je suis une mauvaise personne, donc c’est foutu »
L’objectif n’est pas de supprimer ces pensées — c’est de les identifier comme des distorsions et de les remplacer par des pensées plus nuancées.
Exercices concrets
L’exercice des 3 colonnes (couple) :Cet exercice n’est PAS une justification. C’est une cartographie. Comprendre le contexte ne revient pas a excuser l’acte.
Le « check-in » quotidien (15 minutes) :Chaque soir, un temps d’échange structure : « Comment je me suis senti(e) aujourd’hui dans notre relation ? » Pas de reproches, pas de solutions. Juste de l’écoute.
Durée estimée : 4 a 12 semaines, souvent avec un accompagnement en thérapie de couple.Étape 3 : La reconstruction de la confiance — acte par acte
Ce qui se passe
La confiance ne se reconstruit pas avec des mots. Elle se reconstruit avec des comportements observables, répétitifs et cohérents dans le temps. C’est la phase la plus longue et la plus frustrante pour les deux partenaires.
La personne trompée peut avoir l’impression que ses soupçons ne disparaissent jamais. La personne infidèle peut avoir l’impression que ses efforts ne sont jamais suffisants. Les deux ont raison — et c’est précisément pour cela que cette étape exige de la patience.
Ce que dit la TCC
En TCC, la confiance est traitée comme une croyance qui se modifie par l’accumulation d’expériences contradictoires. Si la croyance actuelle est « mon partenaire va me trahir à nouveau », seules des expériences répétées de fiabilité, de transparence et de cohérence pourront, progressivement, modifier cette croyance.
On parle de reconditionnement : chaque comportement fiable de la personne infidèle est une micro-expérience qui contredit la croyance de trahison. Il en faut beaucoup. Des dizaines. Des centaines.
Exercices concrets
Le « compte de confiance » :Imaginez un compte bancaire a zero (voire a découvert). Chaque acte de transparence, chaque promesse tenue, chaque initiative bienveillante est un depot. Chaque mensonge, même mineur, chaque omission, chaque incohérence est un retrait massif. L’objectif est d’accumuler suffisamment de depots pour que le compte revienne en positif.
Les micro-engagements :Plutôt que de grandes promesses (« je ne te ferai plus jamais souffrir »), privilégiez les engagements concrets et vérifiables : « Je t’enverrai un message quand j’arrive au bureau », « Je te dirai si je croise telle personne », « Je rentrerai a l’heure prévue. »
Le bilan hebdomadaire :Chaque semaine, les deux partenaires évaluent sur une échelle de 0 a 10 : « Ou en suis-je dans la confiance cette semaine ? » Pas pour juger — pour mesurer l’évolution.
Durée estimée : 6 mois a 2 ans. Oui, c’est long. La recherche de Gottman indique qu’il faut en moyenne 2 ans pour qu’un couple retrouve un sentiment de sécurité relationnelle après une infidélité.Étape 4 : La création d’un nouveau contrat relationnel
Ce qui se passe
Le couple d’avant l’infidélité n’existe plus. Essayer de « revenir comme avant » est une impasse. Ce qui fonctionne, c’est de construire une relation nouvelle — avec les mêmes personnes, mais des règles différentes, une communication différente, et une conscience différente de ce qui est en jeu.
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Analyser →Ce que dit la TCC
En TCC, cette étape correspond à la prévention de la rechute. On identifié les facteurs de risque, on met en place des stratégies de protection, et on crée un plan d’action pour les moments difficiles.
Exercices concrets
Le contrat relationnel écrit :Un document (oui, écrit) que le couple redige ensemble, et qui couvre :
– Les limites claires concernant les contacts avec des personnes extérieures
– Les règles de communication (fréquence, honnête, check-ins)
–**
**Les limites numériques : réseaux sociaux, téléphone, applications (voir notre article sur l’infidélité numérique)
– Les signaux d’alerte a communiquer (« je me sens distant(e) », « j’ai des pensées qui m’inquietent »)
– Le protocole en cas de doute ou de suspicion
L’exercice des « rêves dans le conflit » (Gottman) :Derrière chaque conflit de couple se cache un rêve non réalisé. Explorez ensemble : quel est le rêve que chacun porte pour cette relation ? Pas le rêve d’avant — le rêve de maintenant, enrichi par l’épreuve traversée.
Le rituel de reconnexion :Mettez en place un rituel hebdomadaire de couple : une soirée, une activité, un moment sacre où les téléphones sont étéints et ou l’attention est entièrement dédiée a l’autre. La régularité de ce rituel est plus importante que son contenu.
Durée estimée : en continu, avec une structuration initiale de 4 a 8 semaines.Étape 5 : L’attachement retrouve — le couple 2.0
Ce qui se passe
Si les quatre premières étapes ont été traversées avec honnêteté et persévérance, quelque chose d’inattendu peut se produire : le couple qui émerge de l’épreuve est plus solide que celui qui existait avant. Non pas grâce à l’infidélité, mais grâce au travail de reconstruction.
Gottman parle d’attachement (attachment) retrouve : un lien plus profond, plus conscient, plus choisi que le lien initial. Le couple ne fonctionne plus en pilote automatique. Chaque partenaire a choisi délibérément de rester — et ce choix, renouvelé chaque jour, a une puissance que l’amour « par defaut » n’a pas.
Ce que dit la TCC
En TCC, cette phase correspond à la consolidation des acquis. Les nouveaux schémas de pensée et de comportement se sont automatisés. La confiance n’est plus un effort — elle redevient un réflexe. Les pensées intrusives (« il/elle va recommencer ») se raréfient et perdent leur pouvoir.
Attention : des rechutes émotionnelles sont possibles, surtout lors de dates anniversaires (date de la découverte, date de l’infidélité) ou de facteurs de stress externes. Ce n’est pas un échec — c’est un phénomène connu en psychologie, et il se géré avec les outils acquis pendant le processus.
Signes que le couple a retrouve sa sécurité
- Les pensées sur l’infidélité existent encore, mais ne déclenchent plus de crise
- La transparence est devenue naturelle, pas forcée
- Les conflits portent sur des sujets actuels, pas sûr la trahison passée
- Le désir et la tendresse sont revenus progressivement
- Chaque partenaire peut évoquer l’épisode sans rage ni effondrement
- Le couple a développé un « langage de sécurité » qui lui est propre
Les erreurs qui sabotent la reconstruction
Certains comportements, bien que compréhensibles, compromettent sérieusement le processus :
Consulter les proches comme des juges. Votre mère, votre meilleur ami, les forums en ligne ne sont pas neutres. Ils vont vous dire de partir, parce qu’ils vous aiment et qu’ils souffrent de vous voir souffrir. Mais ils ne connaissent pas la complexité de votre situation. Réservez les décisions au couple et au thérapeute. Utiliser l’infidélité comme arme dans chaque dispute. « De toute façon, tu m’as trompe(e) » est un bouclier qui empêche toute résolution de conflit sur d’autres sujets. Si cette phrase revient systématiquement, c’est le signe que l’étape 1 n’est pas terminée. Accélérer le processus par culpabilité ou par fatigue. « Je veux qu’on passe a autre chose » est souvent un évitement deguise en maturité. Le processus prend le temps qu’il prend. Espionner le téléphone en permanence. La surveillance électronique créé l’illusion du contrôle, mais elle nourrit l’anxiété au lieu de la réduire. C’est un comportement d’évitement bien identifié en TCC (voir notre article sur les réseaux sociaux et le couple).Combien de couples restent ensemble après une infidélité ?
C'est l'une des questions les plus recherchées par les personnes confrontées à une trahison. Les données scientifiques apportent des repères concrets.
Les chiffres globaux. Selon le programme clinique développé par Baucom, Snyder et Gordon, de nombreux couples restent ensemble après la découverte d'une infidélité. Le facteur thérapeutique. Parmi les couples qui restent ensemble, l'issue varie considérablement selon qu'ils bénéficient ou non d'un accompagnement professionnel. Un accompagnement structuré — comme le protocole de Gottman ou la thérapie cognitivo-comportementale de couple — améliore sensiblement les chances de retrouver un niveau de satisfaction relationnelle satisfaisant. La variable du temps. Les recherches de Gottman indiquent qu'il faut en moyenne deux ans pour qu'un couple retrouve un sentiment de sécurité relationnelle après une infidélité. Ce délai est souvent sous-estimé par les deux partenaires, ce qui génère de la frustration et du découragement. Les facteurs prédictifs de réussite. Les études identifient plusieurs facteurs qui augmentent significativement les chances de reconstruction :- La fin totale et vérifiable de la liaison extraconjugale
- La prise de responsabilité sincère de la personne infidèle, sans minimisation ni externalisation
- La capacité du couple a identifier les facteurs contextuels (sans les transformer en justification)
- L'engagement dans un accompagnement thérapeutique structure
- L'absence de violence dans la relation
- Le fait qu'il s'agisse d'un premier épisode d'infidélité
Quand la séparation est la meilleure option
Cet article est centre sur la reconstruction, mais il serait malhonnête de ne pas dire ceci : dans certains cas, la séparation est la décision la plus saine. C’est le cas lorsque :
- L’infidélité est répétitive et la personne refuse tout travail sur elle-même
- Il y a de la violence (physique, psychologique, économique) dans le couple
- La personne infidèle refuse de mettre fin à la liaison
- Le pardon est impossible — et c’est un droit absolu
- Rester ensemble fait plus de mal que partir
Demander de l’aide : un acte de courage
Surmonter une infidélité n’est pas un projet en solo. C’est un travail exigeant, qui nécessite un cadre, des outils, et souvent un tiers professionnel pour désamorcer les spirales destructrices.
Je recois en cabinet a Nantes et en visio pour des séances de couple et des séances individuelles. La première séance permet de poser le cadre, d’évaluer ou en est le couple, et de déterminer si la reconstruction est engageable dans de bonnes conditions.
Si vous sentez que votre relation est en danger mais que quelque chose en vous veut encore essayer — c’est peut-être le moment de prendre rendez-vous.
A lire aussi :
– Infidélité : le guide complet pour comprendre et agir — L’article pilier
– Pourquoi on trompe : les 6 raisons psychologiques — Comprendre les motivations
– Le trauma de la trahison — Quand l’infidélité déclenche un SSPT
– Peut-on pardonner une infidélité ? —**
Les conditions du pardon
– Infidélité numérique — La tromperie a l’ere digitale
– Les réseaux sociaux et le couple — Protéger sa relation du numérique
– Les phases du deuil amoureux — Si la séparation est choisie
– Programme Liberté — Quand l’infidélité s’inscrit dans une dynamique toxique
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Combien de couples restent ensemble après une infidélité ?
Selon le programme clinique développé par Snyder et ses collègues (2007), un travail thérapeutique structuré améliore sensiblement les chances qu'un couple confronté à une infidélité reste ensemble durablement. La variable décisive n'est donc pas l'infidélité elle-même, mais la capacité du couple à élaborer ce qui s'y joue cliniquement.
Combien de temps faut-il pour pardonner une infidélité ?
Le pardon n'est pas un événement, c'est un processus en plusieurs phases : un choc initial marqué par l'hypervigilance et la colère, une phase de recherche de sens et de compréhension du contexte, puis une phase d'intégration menant à la reconstruction ou à une séparation digne. Pardonner trop tôt est généralement un faux pardon — réaction d'évitement de la douleur, qui se rouvrira plus tard.
Faut-il tout dire ou cacher les détails de l'infidélité ?
C'est l'une des questions cliniques les plus difficiles. La règle générale : la personne trompée a droit à la vérité sur les faits structurants (durée, contexte, statut actuel de la relation tierce), mais demander des détails sensoriels (positions, lieux précis, mots) génère des intrusions traumatiques persistantes (images mentales involontaires, flashbacks). Le travail clinique consiste à distinguer le besoin de vérité informationnelle (légitime) du besoin compulsif de détails (auto-traumatisant).
Le partenaire infidèle peut-il vraiment changer ?
La question n'est pas « peut-il changer ? » mais « est-il prêt à faire le travail nécessaire pour changer ? ». Les indices d'un travail réel : reconnaissance complète sans relativisation, transparence totale (téléphone, agenda, finances) pendant 6 à 12 mois, engagement thérapeutique individuel, capacité à supporter la colère du partenaire sans contre-attaquer. Sans ces conditions, la « volonté de changer » reste un vœu sans portée clinique.
Quand vaut-il mieux se séparer après une infidélité ?
Trois configurations rendent la reconstruction très improbable, et où la séparation est généralement la décision la plus saine : (1) infidélités multiples ou répétées sur plusieurs années ; (2) refus du partenaire infidèle de reconnaître pleinement les faits ou tendance à blâmer la personne trompée ; (3) violences psychologiques associées (mensonges systémiques, manipulation, gaslighting). Dans ces cas, rester ensemble produit une re-traumatisation chronique — et la séparation est protective, pas punitive.
Pour comprendre la méthodologie scientifique derrière cette analyse, découvrez notre page dédiée : Le modèle de Gottman
FAQ — Combien de couples restent ensemble après une infidélité
Combien de couples restent ensemble après une infidélité ?
De nombreux couples restent ensemble après la découverte d'une infidélité, selon le programme clinique développé par Snyder, Baucom et Gordon (2007). Une thérapie structurée TCC ou Gottman améliore sensiblement les chances de reconstruire durablement, alors que l'absence de travail thérapeutique fragilise la stabilité conjugale à long terme.
Combien de temps faut-il pour reconstruire la confiance après une infidélité ?
18 à 24 mois en moyenne selon le Gottman Institute. Phases : (1) Crise + décision (1-3 mois) ; (2) Atelier de réparation de la trahison (3-6 mois) ; (3) Reconstruction de la sécurité affective (6-12 mois) ; (4) Consolidation et intégration (12-24 mois). La durée varie selon : nature de l'infidélité (ponctuelle vs liaison longue), niveau d'engagement des deux partenaires, présence d'enfants, et qualité de l'accompagnement thérapeutique.Vaut-il mieux pardonner ou se séparer après une infidélité ?
Ni l'un ni l'autre d'emblée. La décision doit attendre la fin de la phase de choc émotionnel (3-6 mois). Trois critères pour décider : (1) la liaison est-elle complètement terminée (sans contact) ? (2) le partenaire infidèle assume-t-il pleinement (sans minimisation, sans accusation inverse) ? (3) les conditions de réparation sont-elles posées (transparence, thérapie commune, redéfinition des règles) ? Sans ces 3, la reconstruction est compromise.Quel pourcentage de couples se séparent suite à une infidélité ?
Une part significative des couples se séparent dans l'année suivant la découverte, et d'autres séparations surviennent avec un effet différé dans les années qui suivent. Un accompagnement thérapeutique structuré réduit sensiblement le risque de séparation à long terme. La présence d'enfants augmente la stabilité à court terme mais pas la satisfaction conjugale.
L'infidélité numérique compte-t-elle comme une vraie infidélité ?
Oui, pour la grande majorité des couples. L'infidélité numérique (messages intimes, sextos, relations parasociales en ligne) déclenche les mêmes blessures que l'infidélité physique : trahison de l'exclusivité émotionnelle, perte de confiance, blessure narcissique.Comment savoir si on peut faire confiance à nouveau ?
Trois marqueurs cliniques : (1) transparence comportementale soutenue (téléphone ouvert, géolocalisation, dates partagées) sans rancune du partenaire infidèle pendant 6+ mois ; (2) diminution des intrusions cognitives (pensées obsédantes sur l'infidélité) chez la victime — passage de >10/jour à <2/jour ; (3) reprise du désir sexuel sécure (pas dans une logique de « marquer son territoire »). Si ces 3 marqueurs sont présents à 12-18 mois, la confiance est en cours de reconstruction effective.
Quelle thérapie de couple après une infidélité ?
Trois approches éprouvées : (1) Méthode Gottman de réparation après trahison — protocole en 3 phases (Atone, Attune, Attach) ; (2) TCC de couple — restructuration des cognitions de trahison et des comportements défensifs ; (3) Imago therapy (Hendrix) pour les couples dont l'infidélité révèle des blessures d'attachement précoces. Durée : 15 à 30 séances en moyenne. La thérapie individuelle simultanée pour chacun est recommandée.
Faut-il tout dire ou cacher certains détails ?
Position majoritaire des thérapeutes de couple : vérité essentielle, pas détails graphiques. La victime a le droit de savoir : durée, fréquence, nature (physique/émotionnelle), si protection sexuelle utilisée, si rencontre avec entourage commun. La victime n'a pas besoin des détails sexuels précis, qui créent des flashbacks intrusifs durables. Esther Perel recommande de répondre aux questions factuelles et de protéger des images mentales traumatisantes.Est-il normal d'avoir des flashbacks après une infidélité ?
Oui, c'est même attendu. L'infidélité provoque souvent un stress post-traumatique léger à modéré (Steffens & Rennie, 2006) : flashbacks (images intrusives), hypervigilance (vérifier le téléphone), évitement (refuser certains lieux/musiques), troubles du sommeil. Ces symptômes durent 3 à 12 mois sans accompagnement, se réduisent à 1-3 mois avec EMDR ou TCC focalisée trauma.À quel moment consulter un psychopraticien après une infidélité ?
Immédiatement après la découverte est idéal — la crise est le moment où le travail est le plus efficace. Indications fortes : (1) flashbacks intrusifs quotidiens ; (2) idées suicidaires ; (3) violence verbale ou physique entre partenaires ; (4) incapacité à fonctionner au travail ; (5) impact sur les enfants. Une consultation individuelle d'abord, puis thérapie de couple si décision de rester ensemble. Prendre rendez-vous.Lectures recommandées :--- 🔗 Analysez vos conversations avec ScanMyLove — Des doutes sur votre relation ? Analysez vos échanges et voyez ce qu'ils révèlent vraiment.
- Les couples heureux ont leurs secrets — John Gottman
- L'intelligence érotique — Esther Perel
📖 Pour aller plus loin : pour reconstruire la confiance après l'infidélité, le livre Infidélité & jalousie approfondit ces étapes de réparation du couple.
Références
Les affirmations cliniques de cet article s'appuient sur les sources suivantes, consultables dans la littérature scientifique de référence :
- Douglas Snyder, Donald Baucom, Kristina Gordon (2007). Getting Past the Affair: A Program to Help You Cope, Heal, and Move On — Together or Apart. Guilford Press.
- John M. Gottman & Nan Silver (1999). Les couples heureux ont leurs secrets. JC Lattès.
- Esther Perel (2017). Je t'aime, je te trompe : repenser l'infidélité. Robert Laffont.
- Shirley Glass (2003). Not "Just Friends": Rebuilding Trust and Recovering Your Sanity After Infidelity. Free Press.
- Janis Abrahms Spring (2012). After the Affair: Healing the Pain and Rebuilding Trust When a Partner Has Been Unfaithful. Harper Perennial.
Voir aussi
En bref : De nombreux couples restent ensemble après la découverte d'une infidélité, mais la qualité de la reconstruction dépend largement de l'accompagnement mis en place. Ce protocole en 5 étapes, inspiré des travaux de Gottman sur la réparation après trahison et adapté aux outils de la TCC, permet de reconstruire la confiance et de transformer la crise en opportunité de croissance relationnelle.

A propos de l'auteur
Gildas Garrec · Psychopraticien TCC
Psychopraticien certifie en therapies cognitivo-comportementales (TCC), auteur de 16 ouvrages sur la psychologie appliquee et les relations. Plus de 1000 articles cliniques publies sur Psychologie et Serenite.
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