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Masculinité 2026 : 3 clés pour redéfinir l'identité masculine


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Introduction : un malaise silencieux

Il y a une souffrance dont on parle peu. Pas parce qu’elle n’existe pas, mais parce que ceux qui la vivent ont appris, depuis l’enfance, à ne pas en parler.

Dans l'article qui suit, j'aborde les types de personnalité. Si vous vous reconnaissez dans ce thème, j'ai conçu un test des 16 types de personnalité qui permet de faire le point sur votre profil de personnalité. Il s'accompagne d'un guide pour prolonger la réflexion au-delà des résultats. J'ai également écrit un livre sur ce sujet, Guide pratique de TCC, si vous souhaitez aller plus loin.

Cette souffrance, c’est celle de millions d’hommes qui ne savent plus où se situer. Qui ne savent plus ce qu’on attend d’eux. Qui ne savent plus, parfois, ce qu’ils attendent d’eux-mêmes.

En 2026, être un homme est devenu un exercice d’équilibriste. Les repères traditionnels se sont effondrés sans que de nouveaux modèles clairs les remplacent. Le résultat ? Un sentiment diffus de confusion, de culpabilité et parfois de colère qui pousse certains vers des extrêmes dangereux, et d’autres vers un effacement total de leur identité.

Cet article n’est ni un manifeste masculiniste ni un acte de contrition. C’est une tentative honnête de comprendre ce que vivent les hommes aujourd’hui, et de proposer des pistes thérapeutiques concrètes pour sortir de l’impasse.

Les injonctions contradictoires : le double bind masculin

« Sois fort, mais montre ta vulnérabilité »

C’est peut-être l’injonction la plus déstabilisante de notre époque. Pendant des générations, les hommes ont été conditionnés à contenir leurs émotions.

« Un homme, ça ne pleure pas. » « Serre les dents. » « Sois un roc pour ta famille. » Ces messages, reçus dès la petite enfance, ont forgé un modèle de masculinité fondé sur le stoïcisme et l’auto-suffisance.

Puis, en l’espace d’une génération, le discours a radicalement changé. On attend désormais des hommes qu’ils soient émotionnellement disponibles, qu’ils expriment leurs sentiments, qu’ils fassent preuve de vulnérabilité.

C’est un progrès réel et nécessaire. Mais pour un homme de 30 ou 40 ans qui a passé les deux premières décennies de sa vie à apprendre exactement l’inverse, le virage est brutal.

Le problème n’est pas qu’on leur demande de s’ouvrir. Le problème, c’est qu’on le leur demande sans mode d’emploi, sans période de transition, et parfois avec un jugement implicite : « Tu devrais déjà savoir faire ça. »

« Sois dominant, mais à l’écoute »

Dans le monde professionnel comme dans la sphère relationnelle, les hommes reçoivent un autre message paradoxal. Il faut être ambitieux, assertif, prendre des initiatives, être un leader. Mais simultanément, il faut savoir s’effacer, écouter, ne pas prendre trop de place, laisser la parole aux autres.

Individuellement, ces qualités ne sont pas contradictoires. Mais socialement, la frontière entre « assertif » et « toxique », entre « a l’écoute » et « faible », reste floue et changeante selon les contextes.

Un homme qui s’affirme trop est taxé de dominateur. Un homme qui s’efface trop est perçu comme manquant de confiance. La zone acceptable est étroite, et elle varie selon l’interlocuteur.

« Sois pourvoyeur, mais égalitaire »

Malgré les avancées majeures en matière d’égalité, la pression du breadwinner — celui qui subvient aux besoins du foyer — reste profondément ancrée. Les études montrent que même dans les couples où les deux partenaires travaillent, l’homme ressent une pression disproportionnée lorsqu’il gagne moins que sa compagne, ou lorsqu’il traverse une période de chômage.

Une enquête IFOP de 2024 révélait que 62 % des hommes français estiment que la société attend d’eux qu’ils soient le principal soutien financier du foyer, alors même que 78 % d’entre eux déclarent soutenir l’égalité salariale. Le décalage entre les valeurs professées et la pression ressentie crée un terrain fertile pour la culpabilité et l’épuisement.

L’« humanisation du masculin » : un processus positif mais déstabilisant

La sociologue Christine Castelain-Meunier, chercheuse au CNRS et auteure de nombreux ouvrages sur les transformations de la masculinité, utilise l’expression d’« humanisation du masculin » pour décrire ce que vivent les hommes contemporains.

Selon ses travaux, les hommes ne sont pas en train de « perdre » leur masculinité. Ils sont en train de la complexifier, de l’enrichir, de la rendre plus humaine.

C’est une bonne nouvelle. Un homme qui peut être à la fois fort et tendre, ambitieux et empathique, protecteur et vulnérable est un homme plus complet, plus épanoui, et un meilleur partenaire.

Mais cette transition ne se fait pas sans douleur. Castelain-Meunier souligne que ce processus est vécu par beaucoup d’hommes comme une perte de repères, un flottement identitaire qui peut générer de l’anxiété, voire une véritable crise existentielle. D'ailleurs, Salon Psy vous permet d'en parler de vive voix avec une IA spécialisée en thérapie cognitivo-comportementale.

Le problème n’est pas la direction — l’humanisation du masculin est un progrès. Le problème, c’est que cette transformation se fait largement sans accompagnement, sans espace de parole, et souvent dans un climat de suspicion où l’homme qui questionne sa place est rapidement soupçonné de nostalgie patriarcale.

Le piège des extrêmes

Le masculinisme toxique : la tentation de la colère

Face à cette confusion, certains hommes se tournent vers des mouvements qui leur offrent des réponses simples à des questions complexes. La manosphère — cet ensemble de communautés en ligne allant des coachs en séduction aux idéologues « red pill » — prospère précisément parce qu’elle exploite un malaise réel.

À lire aussi: Passez notre test leadership — anonyme, rapport PDF.

Ces mouvements disent aux hommes : « Votre souffrance est réelle. Les féministes sont responsables. Redevenez des hommes virils, et tout ira mieux. » C’est séduisant parce que c’est simple.

Mais c’est une impasse. Ces idéologies construisent leur modèle de masculinité en opposition aux femmes, dans une logique de rapport de force qui ne peut mener qu’à l’isolement relationnel et à l’amertume.

En cabinet, certains patients arrivent avec un vocabulaire emprunté à ces communautés : « sexual market value », « hypergamie », « beta provider ».

Derrière ces termes déshumanisants, il y a presque toujours une blessure réelle : un rejet amoureux, un sentiment d’invisibilité, une enfance où l’on n’a pas été vu ni valorisé. Ces blessures méritent d’être entendues et traitées. Pas instrumentalisées par des idéologues qui vendent de la colère.

L’effacement total : la tentation de la disparition

À l’autre extrême, certains hommes choisissent de s’effacer complètement. Par peur de mal faire, de blesser, d’être perçus comme toxiques, ils renoncent à toute affirmation de soi. Ils deviennent hyper-accommodants, évitent le conflit à tout prix, s’excusent en permanence d’exister.

Ce n’est pas de la bienveillance. C’est de la survie. Et c’est tout aussi destructeur que le masculinisme, parce que cela conduit à une érosion lente de l’estime de soi, à des relations déséquilibrées et à un ressentiment souterrain qui finit toujours par remonter à la surface.

La « nouvelle masculinité » : ni dominant ni soumis

Il existe une troisième voie. Ce n’est ni le retour à un modèle patriarcal révolu, ni l’abandon de toute identité masculine. C’est ce que j’appelle, en cabinet, la masculinité choisie : une masculinité construite non pas sur des injonctions extérieures, mais sur une exploration personnelle de ses valeurs, de ses forces et de ses vulnérabilités.

Un homme qui choisit sa masculinité ne se demande pas « est-ce que c’est viril ? » avant d’agir. Il se demande « est-ce que c’est en accord avec qui je veux être ? » C’est un changement radical de perspective.

Au lieu de se conformer à un modèle imposé — qu’il soit traditionnel ou progressiste — il construit son propre modèle à partir de ce qui fait sens pour lui.

Concrètement, cela peut ressembler à :

  • Un homme qui pleure devant un film sans se sentir diminué
  • Un homme qui pose des limites fermes sans se sentir coupable
  • Un homme qui demande de l’aide sans y voir un échec
  • Un homme qui prend soin de ses proches sans se perdre lui-même
  • Un homme qui assume ses désirs sans les imposer aux autres

Les hommes en thérapie : pourquoi c’est encore un tabou

En France, les hommes représentent seulement 35 % des consultations en psychothérapie (données Observatoire de la santé mentale, 2024). Pourtant, ils sont surreprésentés dans les statistiques de suicide (75 % des suicides en France sont masculins), d’addictions et d’isolement social.

Ce paradoxe s’explique en grande partie par l’internalisation du modèle « fort et autonome ». Consulter un psychologue, c’est admettre qu’on n’y arrive pas seul. Et pour beaucoup d’hommes, cette admission est vécue comme un aveu de faiblesse insupportable.

Pourtant, engager une démarche thérapeutique est tout sauf un signe de faiblesse. C’est un acte de lucidité et de courage. Reconnaître sa souffrance, la nommer, et choisir de la traverser avec un accompagnement professionnel demande plus de force que de serrer les dents en silence pendant des années.

En thérapie cognitivo-comportementale (TCC), le travail avec les hommes passe souvent par plusieurs étapes :

  • Normaliser la souffrance : non, ce n’est pas « normal » de se sentir vide, anxieux ou en colère en permanence. Et non, le fait de le ressentir ne fait pas de vous un homme faible.
  • Identifier les croyances rigides : « un homme doit tout gérer seul », « montrer ses émotions c’est manipuler », « si je ne réussis pas, je ne vaux rien ». Ces pensées automatiques ne sont pas des vérités. Ce sont des programmations culturelles qu’il est possible de remettre en question.
  • Développer la flexibilite cognitive : apprendre à voir les situations sous plusieurs angles, à tolérer l’ambiguïté, à sortir du mode binaire (fort/faible, gagnant/perdant).
  • Construire un modèle personnel : définir ses propres valeurs — pas celles de son père, de la société, des réseaux sociaux — et apprendre à vivre en cohérence avec elles.
  • L’approche TCC : identifier ses propres valeurs

    Un exercice que je propose régulièrement en cabinet illustre bien cette démarche. Il s’appelle le « Tri des valeurs imposées ».

    Étape 1 — Lister les « il faut » : le patient note toutes les croyances qu’il a sur ce qu’un homme « doit » être.

    Exemples : « il faut être fort », « il faut gagner de l’argent », « il faut savoir séduire », « il faut protéger sa famille », « il ne faut pas montrer ses faiblesses ».

    Étape 2 — Sourcer chaque croyance : pour chacune, identifier d’où elle vient. Mon père ? Ma mère ? L’école ? Les films ? Les réseaux sociaux ? Un ex-partenaire ? Étape 3 — Tester la croyance : est-ce que cette croyance me sert ? Est-ce qu’elle correspond à qui je suis ? Ou est-ce que je la porte comme un vêtement trop étroit qui appartenait à quelqu’un d’autre ? Étape 4 — Choisir : garder ce qui fait sens, modifier ce qui est rigide, abandonner ce qui fait souffrir. Non pas parce que la société le demande, mais parce que l’individu le décide en connaissance de cause.

    Ce processus est libérateur. Il ne s’agit pas de rejeter la masculinité, mais de la choisir. De passer d’une masculinité subie à une masculinité construite.


    À retenir La crise de la masculinité n’est pas un mythe, mais elle n’est pas non plus ce que les extrémistes en font. C’est un moment de transition où les anciens modèles s’effondrent sans que les nouveaux soient encore stabilisés. Cette période est inconfortable, mais elle est aussi une opportunité unique de construire une identité masculine plus libre, plus authentique et plus épanouissante. Cela passe par un travail sur soi — idéalement accompagné — et par le courage de se poser la question la plus simple et la plus difficile qui soit : « Qui est-ce que JE veux être ? »

    À lire aussi: Passez notre test valeurs personnelles – anonyme, rapport PDF.

    Vous vous reconnaissez dans ces questionnements ?

    Ce flottement identitaire n’est pas une fatalité. En thérapie cognitivo-comportementale, il est possible de démêler les injonctions contradictoires, d’identifier vos valeurs profondes et de construire une masculinité qui vous ressemble — ni calquée sur un modèle révolu, ni soumise aux attentes changeantes de la société.

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    Le Programme Silence (confiance en soi) est également conçu pour les hommes qui souhaitent reconstruire une estime de soi solide, en dehors des regards et des jugements.


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    En bref : Les hommes vivent aujourd'hui une confusion identitaire profonde : les modèles traditionnels de masculinité se sont effondrés sans être remplacés par des repères clairs. Ils font face à des injonctions contradictoires — être fort mais vulnérable, dominant mais à l'écoute, pourvoyeur mais égalitaire — qui créent une anxiété diffuse et un sentiment de culpabilité. Cette « humanisation du masculin » est un progrès réel, enrichissant la masculinité plutôt que la détruisant, mais elle se vit comme une perte de repères sans accompagnement ni espace de parole. Face à cette déstabilisation, certains hommes basculent vers des extrêmes dangereux comme les idéologies de la manosphere, qui offrent des réponses simples à des questions complexes. Sortir de cette impasse exige de reconnaître le malaise réel des hommes, de créer des espaces légitimes pour le questionner, et de construire une masculinité plus complète, basée sur l'authenticité plutôt que sur l'opposition aux femmes.
    Gildas Garrec, Psychopraticien TCC

    À propos de l’auteur

    Gildas Garrec · Psychopraticien TCC

    Auteur de livres et d’articles sur la psychologie appliquée et les relations.

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